L'expérience de plusieurs pôles maritimes montre qu'une intégration des infrastructures portuaires, logistiques et industrielles favorise une croissance accélérée des économies régionales et renforce la compétitivité nationale.
Une reconnaissance croissante sur la carte maritime mondiale
Selon l'édition 2025 de l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), publiée conjointement par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, les ports de Cai Mep et de Hai Phong figurent, pour la deuxième année consécutive, parmi les vingt ports à conteneurs les plus performants au monde, devançant plusieurs grands ports de la région.
Le port de Cai Mep occupe la 11ᵉ place mondiale avec un score de 122 points, le port de Hai Phong se classant au 13ᵉ rang, derrière quelques-uns des plus grands ports internationaux, notamment Fuzhou, Dalian, Ningbo, Hong Kong (Chine), Salalah (Oman) et Kobe (Japon).
Hai Phong bénéficie des cinq principaux modes de transport, d'un réseau autoroutier performant, d'un aéroport international et d'un port en eau profonde relié directement à l'Europe et aux Amériques.
L'année 2025 a marqué une étape décisive pour le port de Hai Phong avec l'inauguration du Hateco Hai Phong International Container Terminal (HHIT) par le groupe Hateco. Entièrement financé par des capitaux privés, ce terminal est capable d'accueillir simultanément deux porte-conteneurs de 200 000 DWT, soit plus de 18 000 EVP chacun.
La société par actions du port de Hai Phong a également mis en service les terminaux n° 3 et n° 4 (HTIT) dans la zone portuaire de Lach Huyen. Ces installations peuvent recevoir des navires de 165 000 DWT (14 000 EVP) ainsi que des navires de 200 000 DWT à charge réduite, avec une capacité annuelle de manutention comprise entre 1,3 et 1,5 million d'EVP.
Lach Huyen s'impose désormais comme un hub maritime majeur et un maillon stratégique des grandes routes maritimes internationales.
Selon Le Do Muoi, directeur général de l'Administration vietnamienne de la navigation maritime et des voies navigables intérieures (ministère de la Construction), la politique d'ouverture et l'importante mobilisation des investissements privés ont permis au système portuaire vietnamien d'enregistrer, ces dernières années, une progression remarquable et de renforcer sa position sur la scène maritime internationale.
Au cours de la période 2010-2015, plusieurs grands ports, notamment ceux de Hai Phong, Sai Gon et Da Nang, ont bénéficié de financements étrangers destinés à accroître leurs capacités de manutention et de traitement des marchandises.
Au cours des six premiers mois de l'année, le volume total de marchandises transitant par les ports maritimes et les ports fluviaux vietnamiens est estimé à 687,5 millions de tonnes, soit une hausse de 18 % par rapport à la même période de 2025. Le trafic de conteneurs a atteint environ 18 millions d'EVP, en progression de 12 %.
Selon le plan d'aménagement révisé du réseau portuaire pour la période 2021-2030, avec une vision à l'horizon 2050, récemment publié par le ministère de la Construction, les besoins d'investissement du système portuaire vietnamien sont estimés à plus de 359 000 milliards de dôngs.
Les besoins fonciers du système portuaire à l'horizon 2030 sont estimés à près de 34 000 hectares, dont 17 500 hectares seront directement affectés aux infrastructures portuaires.
Renforcer l'interconnexion des modes de transport
Selon Nguyen Xuan Sang, vice-ministre de la Construction, ces dernières années, les investissements d'APM Terminals, PSA International, SSA Marine, MOL et NYK ont accéléré la modernisation des principaux ports vietnamiens, désormais conformes aux standards internationaux.
Aujourd'hui, les ports vietnamiens sont capables d'accueillir les plus grands navires au monde, d'un port en lourd supérieur à 200 000 DWT. Dans cette perspective, le développement des ports en tant que plateformes centrales de connexion, la création d'une base de données logistique nationale ainsi que l'accélération de la transition écologique et de la transition numérique constituent des leviers essentiels pour promouvoir un transport multimodal à la fois performant et durable.
Selon M. Sang, le ministère de la Construction finalise actuellement les schémas directeurs sectoriels couvrant les cinq modes de transport afin de soutenir l'objectif d'une croissance du PIB à deux chiffres.
À ce jour, le Vietnam compte 34 ports maritimes totalisant 320 terminaux. En 2025, le volume de marchandises traité a dépassé 960 millions de tonnes, plaçant le pays parmi les économies affichant les taux de croissance portuaire les plus élevés de la région.
Le Code vietnamien de la navigation maritime et des voies navigables intérieures, actuellement en cours d'élaboration, prévoit plusieurs mécanismes destinés à favoriser le développement du transport multimodal et à encourager une participation accrue du secteur privé dans la fourniture des services logistiques.
Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (UNCTAD), 80 à 90 % du commerce mondial transite par voie maritime, les grands ports constituant le principal point d'articulation entre les différents modes de transport.
Le réseau portuaire vietnamien comprend actuellement 34 ports et 320 terminaux. En 2025, le volume de marchandises transitant par les ports a dépassé 960 millions de tonnes, confirmant la position du Vietnam parmi les pays connaissant la croissance portuaire la plus dynamique de la région.
Cependant, le développement des ports maritimes et de la logistique demeure confronté à de nombreuses difficultés dans la plupart des localités. Les infrastructures maritimes restent insuffisantes, notamment en raison d'un tirant d'eau encore limité, d'un manque d'équipements spécialisés et modernes permettant d'accueillir des navires de plus de 200 000 DWT, ainsi que d'une intégration encore incomplète entre les différents modes de transport. La coordination insuffisante entre les ports maritimes et les autres réseaux de transport continue par ailleurs d'entraîner des coûts logistiques élevés.
Le secteur maritime vietnamien a retenu trois priorités stratégiques pour les années à venir : faire des ports des plateformes nationales de transport, développer le transport multimodal afin de réduire les coûts logistiques et moderniser la gouvernance grâce à une gestion intégrée fondée sur les données.
Les entreprises recommandent de renforcer les infrastructures de l'arrière-port, de développer les liaisons ferroviaires et fluviales avec les ports, d'étendre le réseau de ports secs (ICD) et de plateformes logistiques, ainsi que de créer une base nationale de données logistiques afin d'améliorer le partage d'informations et l'efficacité du transport multimodal.