Toutefois, pour accroître leurs parts de marché, les entreprises doivent satisfaire à des exigences de plus en plus strictes en matière de traçabilité de l’origine des matières premières et de développement durable.
Un marché de taille modeste, mais à forte valeur ajoutée
Plus de cinq ans après l’entrée en vigueur de l’UKVFTA, de nombreuses entreprises vietnamiennes du secteur du bois sont progressivement parvenues à mieux exploiter le marché du Royaume-Uni. Bien que le volume des importations britanniques ne soit pas encore comparable à celui des États-Unis, il demeure un marché de portée stratégique et à forte valeur ajoutée.
Ngo Sy Hoai, vice-président et secrétaire général de l’Association vietnamienne du bois et des produits forestiers (Viforest), a souligné que, malgré le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), ce marché conservait une importance stratégique pour l’industrie vietnamienne du bois.
« Bien que le Royaume-Uni ait quitté l’UE, nous continuons de considérer ce marché comme particulièrement important. Au-delà de son potentiel de consommation, il constitue également une porte d’entrée permettant aux produits vietnamiens d’accéder à l’Europe ainsi qu’à de nombreux autres marchés dans le monde. Réussir sur le marché britannique signifie également disposer de meilleures perspectives d’expansion vers d’autres marchés internationaux », a-t-il déclaré.
Le Royaume-Uni importe chaque année entre 200 et 300 millions de dollars américains de produits vietnamiens du bois, principalement des meubles, un segment à forte valeur ajoutée.
Ces dernières années, l’Association vietnamienne du bois et des produits forestiers (Viforest), en coopération avec le Bureau commercial du Vietnam au Royaume-Uni et l’Agence de promotion du commerce, a multiplié les actions de promotion et de mise en relation commerciale afin de rapprocher les produits vietnamiens des consommateurs britanniques.
Du point de vue des entreprises, Phung Quoc Man, président de l’Association de l'artisanat et de l’industrie du bois de Hô Chi Minh-Ville (HAWA), a affirmé que l’UKVFTA a créé des conditions plus favorables aux exportations vietnamiennes. Cependant, selon M. Man, l'efficacité de cet accord doit être évaluée au regard du contexte spécifique de chaque marché.
« Pour l’industrie du bois, le Royaume-Uni est un marché important, mais sa taille reste modeste comparée à celle des États-Unis. Il est nécessaire d’évaluer plus précisément les évolutions intervenues avant et après l’entrée en vigueur de l’accord, notamment dans quelle mesure les barrières tarifaires et les exigences techniques ont effectivement été levées », a-t-il indiqué.
La compétitivité ne se joue plus uniquement sur les droits de douane
Alors que les préférences tarifaires constituaient autrefois le principal atout des accords de libre-échange, les exigences des marchés évoluent aujourd’hui rapidement. Dans le secteur du bois, la compétitivité dépend désormais de plus en plus de la capacité des entreprises à satisfaire aux critères relatifs à la légalité des matières premières, à leur traçabilité et au développement durable.
Selon Ngo Sy Hoai, tous les accords de libre-échange offrent d’importantes opportunités, mais ils s’accompagnent également d’obligations que les entreprises doivent respecter.
« Les exigences relatives à l’environnement, aux conditions de travail, à la responsabilité sociale et au développement durable deviennent progressivement des conditions incontournables pour les entreprises souhaitant tirer pleinement parti des avantages offerts par les accords de libre-échange », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que, qu’il s’agisse de l’UKVFTA, de l’Accord de libre-échange entre l'UE et le Vietnam (EVFTA) ou d’autres accords commerciaux, les entreprises du secteur du bois sont tenues de démontrer la légalité des matières premières utilisées ainsi que leur parfaite traçabilité.
Sur les marchés européens en particulier, elles doivent fournir des preuves électroniques attestant que leurs produits sont fabriqués à partir de bois d’origine légale, ne contribuant pas à la déforestation et répondant aux normes relatives à l’environnement, au travail et à la protection sociale.
Le respect de ces exigences permettra non seulement aux entreprises de bénéficier pleinement des avantages de l’UKVFTA, mais constituera également une condition essentielle pour préserver leur compétitivité sur le marché britannique ainsi que sur d’autres marchés développés.
Actuellement, les produits vietnamiens du bois et de l’ameublement sont présents dans plus de 160 pays et territoires, les États-Unis représentant plus de la moitié de la valeur totale des exportations du secteur.
Cependant, l’industrie fait face à de nombreux défis. Parmi eux figurent le durcissement des exigences en matière de qualité, de traçabilité et de développement durable imposées par de grands marchés comme le Royaume-Uni, l’UE et les États-Unis.
À cela s’ajoute la pression croissante pour accélérer la transition vers une production plus verte et moins émettrice de carbone afin de s’adapter aux tendances du commerce durable à l’échelle mondiale.
Les fluctuations des politiques tarifaires, notamment aux États-Unis, affectent également la compétitivité du secteur, tandis que les tensions géopolitiques accentuent l’instabilité des chaînes d’approvisionnement et renchérissent les coûts logistiques.
Plus de cinq ans après sa mise en œuvre, l’UKVFTA a ouvert de nouvelles perspectives à l’industrie vietnamienne du bois au Royaume-Uni. Toutefois, à mesure que les normes environnementales deviennent un élément incontournable du commerce international, les avantages de l’accord ne pourront être pleinement exploités que si les entreprises poursuivent leurs investissements dans la gouvernance de leur chaîne d’approvisionnement, la transparence de l’origine des matières premières et le renforcement de leur capacité à satisfaire aux exigences du développement durable.
C’est à cette condition que l’industrie vietnamienne du bois pourra accroître sa compétitivité et consolider sa position sur l’un des marchés les plus exigeants au monde.
L’industrie du bois demeure en 2025 l’un des piliers des exportations du Vietnam. Le chiffre d’affaires à l’exportation du bois et des produits dérivés est estimé à environ 17,2 milliards de dollars pour cette année.
Les produits vietnamiens du bois et de l’ameublement sont actuellement présents dans plus de 160 pays et territoires, les États-Unis représentant plus de la moitié de la valeur totale des exportations du secteur.