Nagino Kosuke (cinquième en partant de la gauche) pose aux côtés des participants à l’atelier de clôture du projet « Améliorer les moyens de subsistance des minorités ethniques de la province de Son La grâce au développement agricole et à l’amélioration de la nutrition ». Photo : Save the Children Vietnam.
Nagino Kosuke (cinquième en partant de la gauche) pose aux côtés des participants à l’atelier de clôture du projet « Améliorer les moyens de subsistance des minorités ethniques de la province de Son La grâce au développement agricole et à l’amélioration de la nutrition ». Photo : Save the Children Vietnam.

Le Vietnam, au fil d’un retour

À mon retour au Japon, le Vietnam ne sera plus simplement un pays où j’ai vécu ni le lieu d’un projet auquel j’ai participé. Il restera présent dans ma mémoire à travers les personnes rencontrées, les régions découvertes et les expériences que je continuerai à raconter.

En tant que responsable de la coopération et des financements japonais au sein de Save the Children Japan, Nagino Kosuke a consacré trois années au projet « Améliorer les moyens de subsistance des minorités ethniques de la province de Son La grâce au développement agricole et à l’amélioration de la nutrition », financé par le ministère japonais des Affaires étrangères (JMOFA).

Dans les jours qui ont précédé son retour au Japon, Nagino Kosuke a évoqué ses souvenirs de Son La, le travail accompli avec ses collègues et les gestes simples du quotidien vietnamien qui l’ont profondément marqué.

C’est l’histoire de trois années qui ne se sont pas résumées au travail : trois années durant lesquelles il a vécu au Vietnam, l’a découvert et s’est peu à peu attaché à ce pays situé à des milliers de kilomètres de son pays natal.

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Nagino Kosuke, responsable de la coopération et des financements japonais au sein de Save the Children Japan. Photo : thoidai.

Nagino Kosuke raconte :

« Je suis venu au Vietnam pour la première fois en 2012. À l’époque, j’effectuais simplement une courte mission professionnelle qui m’a donné l’occasion de me rendre dans la province de Ca Mau. En 2023, j’ai été officiellement affecté pour une longue durée auprès de Save the Children Vietnam afin de participer au projet d’amélioration des moyens de subsistance des minorités ethniques de la province de Son La grâce au développement agricole et à l’amélioration de la nutrition ».

Plus de dix ans après cette première mission de courte durée, j’ai ainsi eu l’occasion de revenir au Vietnam pour y vivre et y travailler pendant trois ans.

Ce qui m’a d’abord marqué, c’est la cuisine vietnamienne. Mais si l’on me demande ce qui m’a le plus profondément impressionné au Vietnam, je dirais que ce sont les gens, et surtout l’attention qu’ils portent aux enfants.

Au fil de mes déplacements et de mes rencontres, j’ai été touché par la tendresse et la chaleur humaine dont les enfants sont entourés.

La diversité culturelle du Vietnam est également l’un des aspects qui m’ont le plus marqué.

À Son La, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs communautés issues des minorités ethniques, chacune ayant ses propres traditions et spécificités culturelles.

Les modes de vie des habitants y sont également très différents de ceux que l’on observe à Hanoï. Cette diversité culturelle m’a véritablement impressionné.

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Kosuke Nagino observe une séance pratique de préparation d’aliments de complément pour les enfants. Photo : Save the Children Vietnam.

Les histoires de Son La

Au cours de mes trois années au Vietnam, j’ai passé l’essentiel de mon temps à Son La. Le projet auquel j’ai participé visait principalement à développer l’agriculture, à améliorer les moyens de subsistance des populations locales et à améliorer l’état nutritionnel des mères et des enfants.

Je garde un souvenir très marquant de la dernière phase du projet. Une représentante de l’Union des femmes de la commune est venue spontanément vers moi pour engager la conversation.

Elle m’a expliqué que, grâce au soutien du projet, les mères du village avaient changé leurs pratiques d’alimentation des enfants : elles savaient désormais diversifier leur alimentation et veiller à ce que leurs enfants reçoivent tous les nutriments nécessaires.

Ces paroles étaient simples, mais elles avaient pour moi une portée bien plus grande que les chiffres d’un rapport. J’ai alors compris que les effets du projet se faisaient réellement sentir dans la vie quotidienne des habitants.

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Nagino Kosuke lors d’une mission dans la commune de Bac Yen, province de Son La. Photo fournie par l'intéressé.

À l’issue du projet, j’ai compris que l’aide matérielle ne suffisait pas si les bénéficiaires ne savaient pas comment utiliser les ressources mises à leur disposition ni en tirer pleinement parti.

Le renforcement des capacités des populations est donc essentiel. Des formations pratiques et un accompagnement régulier leur permettent de gagner en autonomie, de mieux mobiliser les ressources mises à leur disposition et de pérenniser les résultats obtenus.

Ce que j’emporte avec moi

« En rentrant au Japon, j’emporterai avant tout des histoires de rencontres humaines et de différences culturelles entre le Vietnam et le Japon.

Même si le projet mené à Son La est arrivé à son terme, je ne pense pas que nos liens avec le Vietnam s’arrêteront là. Nous continuerons à entretenir nos relations et à échanger avec le bureau de Save the Children Vietnam.

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Nagino Kosuke aux côtés de ses collègues de Save the Children Vietnam.

Nous réfléchissons également à l’organisation de programmes d’échanges entre élèves et étudiants des deux pays, afin de concevoir ensemble des initiatives pour faire face au changement climatique et répondre aux enjeux communs liés aux enfants.

À l’avenir, nous souhaitons poursuivre notre soutien aux familles afin de les aider à améliorer leurs moyens de subsistance et à mieux s’adapter au changement climatique.

Nous entendons également contribuer à l’amélioration de la santé et au renforcement de la prévention des maladies. Lorsque les conditions de vie des familles s’améliorent, les enfants en bénéficient eux aussi.

À mon retour au Japon, le Vietnam ne sera plus simplement un pays où j’ai vécu ni le lieu d’un projet auquel j’ai participé. Il restera présent dans ma mémoire à travers les personnes rencontrées, les régions découvertes et les expériences que je continuerai à raconter. »

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