Aux côtés des filières traditionnelles, des disciplines telles que l’intelligence artificielle (IA), la conception de circuits intégrés pour semi-conducteurs, la science des données, les énergies propres ou encore les biotechnologies attirent un nombre croissant d’élèves de terminale.
De nouveaux signaux pour la campagne d’admission
Lors de la campagne de recrutement universitaire de cette année, de nombreux lycées de Hanoi, de Ho Chi Minh-Ville et de Da Nang ont constaté une hausse significative de l’intérêt des élèves pour les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).
Lors des salons d’orientation et des journées d’information sur l’enseignement supérieur, les stands consacrés à l’IA, à la science des données, à la cybersécurité, à la robotique, à l’énergie ou encore aux semi-conducteurs figurent parmi les plus fréquentés par les élèves et leurs parents.
Selon le ministère de l’Éducation et de la Formation, alors qu’en 2022 les filières STEM avaient accueilli plus de 177 000 nouveaux étudiants, ce chiffre a atteint près de 200 000 en 2024.
Cette dynamique devrait se poursuivre dans les années à venir, avec un objectif d’environ un million d’apprenants dans les filières STEM à l’horizon 2030.
Au-delà des besoins croissants du marché du travail, les nouvelles politiques publiques en faveur des sciences fondamentales, des disciplines d’ingénierie stratégiques et des technologies de pointe influencent également de manière tangible les choix d’orientation des lycéens.
Le gouvernement vient ainsi de promulguer le décret no 179/2026/NĐ-CP relatif à l’octroi de bourses destinées aux étudiants inscrits dans les filières de sciences fondamentales, d’ingénierie stratégique et de technologies prioritaires, afin de soutenir la formation de ressources humaines hautement qualifiées.
Ainsi, les étudiants inscrits dans les filières prioritaires recevront une aide financière mensuelle de 3,7 à 5,5 millions de VND. Pour les étudiants de master et les doctorants, cette aide pourra atteindre 8,4 millions de VND par mois.
Nguyen Tien Thao, directeur du Département de l'enseignement supérieur (ministère de l'Éducation et de la Formation), a déclaré que l'objectif de cette politique n'est pas seulement de prendre en charge une partie des frais de scolarité, mais aussi de créer de fortes incitations pour attirer et retenir les étudiants talentueux afin qu'ils s'orientent vers des domaines stratégiques pour le développement futur du pays.
Selon M. Thao, l'enjeu principal est d'orienter clairement les ressources humaines vers les domaines fondamentaux et les technologies stratégiques, au lieu de les disperser comme auparavant.
Une préparation qui commence dès l’université
Dans les établissements d’enseignement supérieur, les préparatifs de la campagne d’admission ont commencé depuis plusieurs mois.
L’évolution la plus visible est la multiplication des nouveaux programmes de formation liés aux technologies stratégiques.
Du nord au sud du pays, de nombreuses universités élargissent aujourd’hui leur offre dans ces domaines.
L’Université des sciences et technologies de Hanoi ainsi que l’Université de technologie relevant de l’Université nationale du Vietnam à Hanoi mettent l'accent sur l'IA, la science des données et la conception de circuits intégrés.
L’Université nationale du Vietnam à Ho Chi Minh-Ville renforce quant à elle la formation de spécialistes des semi-conducteurs.
L’Université polytechnique de Da Nang développe les secteurs de l’automatisation, de la microélectronique et de la production intelligente, tandis que l’Université de Can Tho élargit ses programmes consacrés aux technologies numériques et à l’agriculture intelligente.
Les universités privées participent elles aussi activement à cette dynamique, en consacrant des investissements considérables aux technologies de pointe.
L’Université FPT poursuit l’expansion de ses formations en IA, en mégadonnées et en cybersécurité.
L’Université Phenikaa mise notamment sur la robotique, les technologies biomédicales et l’IA.
De son côté, VinUni développe des programmes de niveau international en informatique, en génie électrique et en science des données.
L’une des évolutions majeures de l’enseignement supérieur vietnamien ces dernières années réside dans le passage progressif d’un modèle centré sur l’enseignement théorique à une approche davantage tournée vers la recherche et la pratique.
De nombreuses universités ont ainsi investi plusieurs centaines de milliards de dôngs dans la création de centres de recherche et de laboratoires de pointe.
À l’Université des sciences et technologies de Hanoi, les étudiants ont accès à des laboratoires spécialisés en robotique, microélectronique, IA et automatisation.
À l’Université nationale du Vietnam à Hanoi, plusieurs laboratoires consacrés aux nanotechnologies, aux nouveaux matériaux, à la science des données et à l’électronique avancée ont été développés selon les standards internationaux.
L’Université nationale du Vietnam à Ho Chi Minh-Ville construit également des centres de recherche dédiés aux circuits intégrés et aux semi-conducteurs.
L’Université des sciences et technologies de Hanoi (USTH), également connue sous le nom d’Université Vietnam – France, développe des laboratoires spécialisés dans les technologies spatiales, les sciences des matériaux, les biotechnologies et les technologies énergétiques.
L’établissement attire notamment les étudiants grâce à une politique de bourses particulièrement attractive.
Selon la professeure Dinh Thi Mai Thanh, rectrice de l’USTH, les étudiants inscrits dans les filières des technologies spatiales, des semi-conducteurs, des mathématiques, de la chimie et des sciences fondamentales peuvent bénéficier d’une prise en charge allant jusqu’à 100 % des frais de scolarité.
D’autres niveaux de bourse couvrant 75 %, 50 % ou 25 % des frais sont également proposés en fonction des résultats académiques.
Par ailleurs, de nombreuses universités renforcent leurs partenariats avec les grandes entreprises technologiques.
Au-delà du recrutement, ces entreprises participent désormais à la conception des programmes de formation, financent des laboratoires et accueillent les étudiants en stage.
De la formation des talents à la dynamique d’innovation
Au-delà de l’ouverture de nouvelles filières et des investissements matériels, une autre tendance se dessine clairement dans l’enseignement supérieur vietnamien : la transition vers le modèle de l’université innovante.
Lors d’un récent colloque scientifique national consacré au développement des universités innovantes conformément à la résolution no 71-NQ/TW du Bureau politique, de nombreux experts ont souligné que le rôle des universités avait profondément évolué.
Alors qu’elles se consacraient auparavant principalement à deux missions, l’enseignement et la recherche scientifique, elles sont désormais appelées à devenir de véritables pôles d’innovation, capables de générer de nouvelles connaissances, de nouvelles technologies et de nouveaux modèles de développement.
Selon Vu Thanh Mai, chef adjoint de la Commission centrale de la sensibilisation et de la mobilisation des masses, dans un contexte où la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique transforment profondément tous les domaines de la vie sociale, les ressources déterminantes du développement national ne sont plus les ressources naturelles ni la main-d’œuvre peu qualifiée, mais bien la connaissance, la technologie et la qualité des ressources humaines hautement qualifiées.