Universités : vers une réforme des programmes doctoraux dans les technologies stratégiques

Le ministère vietnamien de l'Éducation et de la Formation vient d’adresser une directive aux universités, académies et instituts de recherche proposant des programmes doctoraux.

Le laboratoire national clé de mécatronique et applications de l'Université de la science et de la technologie, relevant de l'Université de Da Nang. Photo : VNA.
Le laboratoire national clé de mécatronique et applications de l'Université de la science et de la technologie, relevant de l'Université de Da Nang. Photo : VNA.

Ce texte exige la révision, l’ajustement et le développement de cursus destinés à former des ressources humaines hautement qualifiées dans les domaines technologiques stratégiques.

Concrètement, le ministère demande aux établissements d'examiner et de développer leurs cursus dans les secteurs de l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM), des puces à semi-conducteurs, des technologies de l'information, de l'intelligence artificielle, des mégadonnées, de la cybersécurité, ainsi que des technologies fondamentales et de pointe.

Il est expressément requis de passer en revue l’ensemble des programmes concernés — objectifs, référentiels de compétences, structure, contenus, méthodes pédagogiques et dispositifs d’évaluation. Les établissements devront notamment mesurer avec rigueur l’atteinte des résultats attendus et le niveau d’actualisation des enseignements face aux avancées rapides dans des domaines comme l’intelligence artificielle, l’automatisation, les données et la cybersécurité.

Les cursus seront révisés afin de renforcer les approches interdisciplinaires et transdisciplinaires, avec l’intégration de modules consacrés aux technologies fondamentales. La part des travaux pratiques, des projets appliqués et des formations en lien avec les entreprises sera accrue. Le ministère encourage par ailleurs l’implication active des grandes entreprises, des investisseurs étrangers et des groupes technologiques dans la formation et l’évaluation, ainsi que le développement de programmes dispensés en anglais.

De nouveaux programmes seront créés dans des secteurs stratégiques comme la conception de circuits intégrés, la science des données, la cybersécurité et l'Industrie 4.0. Cela couvrira également des disciplines émergentes : stockage d'énergie, surveillance spatiale, technologies marines, développement de semences, agriculture intelligente, communications de nouvelle génération, industrie créative numérique, énergies décarbonées, alimentation verte, santé intelligente, nouveaux matériaux et biocapteurs…

Afin d’en assurer la mise en œuvre, les établissements devront renforcer leur corps enseignant tant en nombre qu’en qualification. La priorité sera donnée aux docteurs disposant d’une expérience en recherche internationale. Il est également prévu d’attirer des experts issus du secteur privé et de mobiliser des politiques d’attraction des talents. Parallèlement, les investissements dans les laboratoires, les centres de recherche, les ressources numériques et les équipements de haute technologie seront intensifiés.

Les universités élargiront leurs partenariats avec les entreprises, les centres d'innovation et les projets nationaux majeurs. Cette collaboration inclura la co-construction de programmes, l'organisation de stages sur commande, la codirection de recherches et la formation de groupes d'experts. Les projets nationaux permettront d'investir dans des ateliers intelligents, des outils de simulation numérique et des laboratoires ouverts.

En synergie, établissements et entreprises développeront des centres de recherche appliquée permettant aux étudiants de concevoir, tester et améliorer des produits, favorisant ainsi l’innovation et l’entrepreneuriat. Un écosystème de coopération tripartite sera mis en place pour co-concevoir les formations, organiser les stages et soutenir le financement de la recherche.

Les entreprises seront également associées aux consultations scientifiques, à l’évaluation des diplômés et au développement de formations en alternance, ouvrant ainsi des perspectives d’emploi concrètes.

Enfin, le ministère insiste sur la nécessité d’articuler étroitement formation et recherche scientifique, de renforcer les études doctorales en STEM et de créer des centres d’innovation facilitant le transfert de technologies. Les établissements sont tenus de soumettre leurs rapports de révision au ministère avant le 15 juin 2026.

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