Les accords de libre-échange donnent un nouvel élan aux exportations vietnamiennes

Six ans après l'entrée en vigueur de l'Accord EVFTA, les accords de libre-échange de nouvelle génération ont contribué à dynamiser les exportations vietnamiennes, à diversifier les marchés et à renforcer l'intégration des entreprises du pays aux chaînes de valeur mondiales.

Tri et surgélation de filets de pangasius destinés à l'exportation dans l'usine de la Société par actions Go Dang, située dans l'ancienne province de Tiên Giang. Photo : VNA.
Tri et surgélation de filets de pangasius destinés à l'exportation dans l'usine de la Société par actions Go Dang, située dans l'ancienne province de Tiên Giang. Photo : VNA.

Les accords de libre-échange (ALE) de nouvelle génération constituent un levier majeur de la croissance des exportations vietnamiennes, en permettant aux entreprises d'élargir leurs marchés, d'améliorer leur compétitivité et de s'intégrer plus profondément aux chaînes de valeur mondiales. Si les résultats obtenus sont déjà significatifs, les experts estiment que le potentiel d'exploitation de ces accords demeure considérable.

Le 1er août 2026 a marqué le sixième anniversaire de l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange entre le Vietnam et l'Union européenne (EVFTA), considéré comme l'un des accords commerciaux les plus ambitieux auxquels le Vietnam participe.

Selon les statistiques des Douanes et de l'Office national des statistiques relevant du ministère des Finances, les échanges commerciaux entre le Vietnam et l'Union européenne ont dépassé 900 milliards de dollars depuis 1995. Sur ce total, 383,8 milliards de dollars, soit 42,6 %, ont été réalisés au cours des six premières années d'application de l'EVFTA.

Au premier semestre 2026, les échanges bilatéraux ont atteint 41,4 milliards de dollars, dont 31,8 milliards d'exportations vietnamiennes vers l'Union européenne et 9,7 milliards d'importations. L'excédent commercial du Vietnam s'est élevé à un niveau record de 22 milliards de dollars, dépassant déjà le solde enregistré sur l'ensemble de l'année 2019, avant l'entrée en vigueur de l'accord.

De nombreuses entreprises exportatrices tirent efficacement parti des accords de libre-échange (ALE). Photo : VNA

Les entreprises européennes présentes au Vietnam bénéficient également des retombées positives de l'EVFTA. Selon une récente enquête de l'Association européenne des entreprises au Vietnam (EuroCham), 50 % des entreprises interrogées profitent directement des préférences tarifaires prévues par l'accord et 66 % déclarent avoir réduit leurs coûts de 5 à 30 %. Certaines entreprises indiquent que plus de 80 % de leurs échanges commerciaux avec le Vietnam bénéficient désormais de ces avantages, contribuant à réduire les coûts de production de 5 à 15 % et à renforcer leur compétitivité.

Au-delà de l'EVFTA, les entreprises vietnamiennes exploitent activement les opportunités offertes par d'autres accords de libre-échange de nouvelle génération, notamment l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), le Partenariat économique régional global (RCEP), l'Accord de libre-échange Vietnam-République de Corée (VKFTA) ainsi que les accords commerciaux conclus dans le cadre de l'ASEAN.

Ces accords ont permis à de nombreuses entreprises d'accéder directement à de nouveaux marchés grâce à la réduction des droits de douane. Dans le secteur des produits aquatiques, plusieurs entreprises ont enregistré une forte progression de leurs exportations vers le Japon, le Canada, l'Australie ou encore les pays membres du CPTPP. Les entreprises des secteurs du textile-habillement, du riz, des produits laitiers et de la sidérurgie ont également élargi leurs débouchés en tirant parti des règles d'origine et des préférences tarifaires prévues par ces accords.

Selon Vu Duc Giang, président de l'Association vietnamienne du textile et de l'habillement (VITAS), les accords de libre-échange de nouvelle génération sont devenus un moteur essentiel du développement des exportations du secteur ainsi que de plusieurs autres filières d'exportation stratégiques.

Les professionnels estiment toutefois que le potentiel des ALE reste encore largement inexploité. Dans le secteur des produits aquatiques notamment, plusieurs barrières non tarifaires continuent de limiter les bénéfices attendus.

Huynh Minh Tuong, directeur général adjoint de la société BASEAFOOD, souligne que les accords de libre-échange n'ouvrent que des opportunités et que leur exploitation dépend avant tout des capacités des entreprises. Outre les investissements dans les technologies, l'amélioration de la qualité des produits et le respect des règles d'origine, il appelle les autorités à poursuivre les négociations afin de réduire les barrières non tarifaires, d'élargir les contingents tarifaires sur certains marchés et de lever rapidement les obstacles, notamment le « carton jaune » appliqué par la Commission européenne à la pêche vietnamienne.

Nguyen Ly Truong An, spécialiste du commerce à l'Université d'économie industrielle de Long An, estime que les entreprises vietnamiennes exploitent efficacement les avantages offerts par l'EVFTA, le CPTPP, le RCEP, le VKFTA et les accords de l'ASEAN, en particulier dans les secteurs des produits aquatiques, du textile, des produits agricoles, des produits laitiers et de l'acier.

Selon lui, ces accords ne permettent pas seulement d'élargir les marchés d'exportation, mais incitent également les entreprises à respecter les règles d'origine, les normes techniques et les exigences en matière de développement durable. Toutefois, leur niveau d'exploitation demeure inégal. Les grandes entreprises, disposant de capacités financières, technologiques et organisationnelles plus solides, profitent davantage des avantages des ALE, tandis que de nombreuses petites et moyennes entreprises continuent de faire face à des difficultés liées au manque d'informations, de ressources et de capacités à satisfaire les normes des marchés importateurs.

Le spécialiste souligne également que le succès dans l'exploitation des accords dépend largement de la vision stratégique des dirigeants d'entreprise. Si certaines entreprises ont connu une croissance remarquable grâce à une utilisation proactive des ALE, d'autres n'ont pas su saisir les mêmes opportunités malgré des ressources comparables. Les accords de libre-échange doivent ainsi être considérés non seulement comme un instrument de réduction des droits de douane, mais aussi comme un levier de restructuration de la production, de diversification des marchés et de renforcement de la résilience de l'économie.

Pour sa part, le professeur associé et docteur Nguyen Thuong Lang, de l'Institut du commerce et de l'économie internationale de l'Université nationale d'économie, estime que les accords de libre-échange jouent un rôle majeur dans la restructuration de l'économie vietnamienne. Leur mise en œuvre efficace contribuera à élargir les perspectives de développement du pays, à attirer des investissements étrangers de qualité, à renforcer les capacités de production nationales et à améliorer la position des produits vietnamiens sur les marchés internationaux.

Selon le ministère de l'Industrie et du Commerce, à la fin du mois de juillet 2026, plus de 1,2 million de certificats d'origine (C/O) avaient été délivrés dans le cadre des différents accords de libre-échange, représentant une valeur de près de 100 milliards de dollars, soit environ 28 % des exportations nationales. Le taux d'utilisation des préférences tarifaires atteint désormais entre 30 % et 50 % dans plusieurs accords, notamment l'EVFTA ainsi que les accords entre l'ASEAN et l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Les experts considèrent que, dans un contexte de concurrence commerciale mondiale croissante, l'exploitation plus efficace des accords de libre-échange constituera un facteur déterminant pour soutenir la croissance des exportations, renforcer la compétitivité des entreprises vietnamiennes et favoriser une intégration plus profonde du pays dans l'économie mondiale.

VNA/NDEL
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