Alors que le Vietnam s’intègre de plus en plus à l’économie mondiale, ses entreprises doivent s’adapter à de nouvelles exigences liées à la transparence de l’information, à la gestion des risques, à la responsabilité sociale et à la performance environnementale. Dans ce contexte, l’adoption progressive de critères de productivité apparaît comme un levier de croissance pour les entreprises.
Tran Hau Ngoc, vice-président de la Commission nationale des normes, de la métrologie et de la qualité du Vietnam, également directeur de l’Organisation asiatique de la productivité (APO) au Vietnam, a souligné que le projet « Développement d’une productivité durable fondée sur l’ESG », relevant du Programme pilote de soutien aux entreprises de l’APO, devrait être déployé en 2026 afin d’aider les entreprises vietnamiennes à appliquer progressivement l’ESG (Environnement, Social, Gouvernance). L’ESG n’est donc plus seulement un cadre de référence, mais tend à devenir une orientation majeure de gouvernance pour les entreprises et les organisations.
Lors de la réunion de lancement du projet, Nguyen Tien Huy, directeur du Bureau des entreprises pour le développement durable de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), a indiqué que l’ESG ne se résume pas à un simple standard de reporting, mais constitue une nouvelle approche de la gouvernance et du fonctionnement de l’entreprise. Il devient en particulier un critère de plus en plus déterminant dans l’évaluation des entreprises par les investisseurs, les partenaires et les marchés.
Au Vietnam, la majorité des entreprises ne disposent pas encore des capacités nécessaires pour élaborer des rapports ESG conformes aux standards internationaux, alors même que sur de grands marchés d’exportation tels que l’Union européenne, les États-Unis ou le Japon, les exigences en matière de transparence ESG et de durabilité deviennent de plus en plus strictes.
À travers des initiatives comme le Programme pilote de soutien aux entreprises (DMP), les entreprises bénéficient ainsi d’un accompagnement pour évaluer leur niveau de préparation à l’ESG, définir leur stratégie et mettre en œuvre des améliorations. L’adoption de technologies vertes et de processus durables peut réduire jusqu’à 15% du gaspillage des ressources en cinq ans, tout en générant des gains significatifs en matière d’efficacité énergétique, de réduction des coûts d’exploitation, de qualité des produits et de gestion des risques. Autrement dit, l’ESG ne constitue pas un coût, mais un levier de productivité.
Phan Thanh Son, représentant du secrétariat de l’APO, a pour sa part indiqué que, dans un contexte marqué par une attention croissante portée à l’ESG et par les mutations géopolitiques mondiales, la perception de l’ESG s’était nettement améliorée. L’APO encourage une adoption plus large de cette approche, afin d’aider les entreprises à développer leur productivité de manière durable et à mieux se préparer aux évolutions à venir.
Tran Hau Ngoc a également constaté qu’à l’heure actuelle, la mise en œuvre de l’ESG reste principalement concentrée dans les grandes entreprises, les entreprises à participation étrangère et les sociétés cotées en bourse, tandis que les petites et moyennes entreprises restent encore en retrait.
Nguyen Tien Huy a ajouté qu’en pratique, les groupes multinationaux exigent de plus en plus de leurs fournisseurs le respect des normes ESG, ce qui signifie qu’en l’absence de rapport ESG, l’accès aux grandes commandes devient difficile et qu’un non-respect des normes peut conduire à une exclusion des chaînes d’approvisionnement.
Du côté de FPT comme de Vingroup, l’application de l’ESG est présentée comme un facteur de solidité, de gouvernance et de croissance durable.