Mettre en place des « zones à faibles émissions » pour un Hanoï plus vert

Le problème de la pollution atmosphérique est de plus en plus pressant dans la capitale vietnamienne, et la qualité de vie s’en trouve compromise. C’est à tel point vrai que les autorités municipales envisagent désormais de mettre en place des « zones à faibles émissions », où ne seraient autorisés à circuler que des véhicules respectueux de l’environnement, n’émettant pas de polluants et utilisant une énergie propre et verte.
L'arrondissement de Hoan Kiem présente des conditions favorables à la mise en place à titre expérimental du modèle des zones à faibles émissions. Photo: kinhtedothi
L'arrondissement de Hoan Kiem présente des conditions favorables à la mise en place à titre expérimental du modèle des zones à faibles émissions. Photo: kinhtedothi

La pollution de l’air à Hanoï est depuis plusieurs années un problème préoccupant, d’autant plus que la capitale a été classée à plusieurs reprises parmi les villes les plus polluées au monde. Cette situation entraîne non seulement des conséquences graves sur la santé publique, mais impacte également l’environnement et la qualité de vie des habitants.

Pour résoudre ce problème, le Conseil populaire de la ville de Hanoï a adopté une résolution sur la création de « zones à faibles émissions » (ZFE - Low-Emission Zone). Ce projet, qui débute en 2025, s’inscrit dans une stratégie globale destinée à réduire la pollution, à améliorer la qualité de vie des habitants et à positionner la capitale vietnamienne comme une métropole verte et moderne.

Les autorités de Hanoï ont décidé de lancer un modèle pilote de ZFE dans l’arrondissement de Hoàn Kiêm, en limitant les véhicules polluants dans le but d’améliorer la qualité de l’air et de promouvoir le développement durable de la ville. Ce modèle permettra de créer des changements positifs à la capitale et servira de référence pour d’autres localités vietnamiennes.

Une solution pour les villes vertes

La pollution de l’air est une problématique complexe et urgente, qui pose des défis considérables au développement d’une ville moderne et durable. Des solutions globales et synchronisées sont nécessaires, incluant le contrôle des émissions, le développement des transports verts, la création de ZFE et la sensibilisation de la population.

Les ZFE ne sont plus une notion étrangère aux grandes villes du monde entier. Ce modèle a déjà fait ses preuves, notamment dans de nombreuses villes européennes où l’expérience est a priori concluante, mais également dans certaines grandes villes asiatiques telles que Pékin (en Chine), Séoul (en République de Corée) ou encore Jakarta (en Indonésie).

Il s’agit de zones urbaines dont l'accès est réservé aux véhicules les moins polluants. Dans la plupart des villes européennes, ces zones s’appuient sur les critères techniques des normes européennes d'émissions pour déterminer quels types de véhicules peuvent entrer et circuler dans la zone.

À Londres (au Royaume-Uni), grâce à la mise en place de ZFE, les émissions de CO2 provenant du trafic routier ont diminué de 13 %, les concentrations de particules fines PM2,5 sont nettement réduites. Cela a contribué à améliorer la qualité de vie des populations.

Selon les données du ministère vietnamien des Ressources naturelles et de l’Environnement, la qualité de l’air de Hanoï est souvent jugée médiocre ou mauvaise, particulièrement entre septembre et mars. Pendant les périodes de pollution maximale, l’indice de qualité de l'air (IQA) atteint fréquemment des niveaux autour de 200, bien au-delà du seuil de sécurité, avec des impacts sérieux sur la santé humaine.

Les concentrations journalières et annuelles de particules fines PM10 et PM2,5 dans l’air de Hanoï dépassent largement les limites recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La création de ZFE n’est pas seulement une tendance mondiale, mais aussi une solution primordiale pour que Hanoï puisse faire face à cette situation alarmante, protéger la santé publique et répondre au changement climatique.

De 2025 à 2030, Hanoï prévoit de mettre en place à titre expérimental les ZFE dans le centre-ville de Hoàn Kiêm, notamment dans les vieux quartiers, les environs du lac Hoàn Kiêm et les attractions touristiques. Elle met l’accent sur l’interdiction des poids lourds diesel, la priorité étant donnée aux voitures répondant aux normes d’émissions de niveau 4 et aux motos de niveau 2.

De plus, 100% des bus neufs ou de remplacement devront rouler à l’électricité ou l’énergie verte, tandis que les transports publics devraient couvrir 45 à 50% du transport de passagers dans la ZFE. Les résidents et les entreprises des ZFE disposeront d’un délai de grâce de 12 mois pour passer à des véhicules répondant aux exigences d’émissions.

De 2031 à 2035, Hanoï s’efforcera d’encourager d’autres arrondissements à établir des ZFE, et d’ici 2036, des mesures de zones à faibles émissions obligatoires seront requises dans les zones touchées par la pollution atmosphérique.

La création de ZFE n’est pas seulement une tendance mondiale, mais aussi une solution primordiale pour que Hanoï puisse faire face à la pollution environnementale, protéger la santé publique et répondre au changement climatique.

La création de ZFE n’est pas seulement une tendance mondiale, mais aussi une solution primordiale pour que Hanoï puisse faire face à la pollution environnementale, protéger la santé publique et répondre au changement climatique.

Renforcer la sensibilisation de la population

Hoang Duong Tung, président du Réseau de l’air pur du Vietnam (Vietnam Clean Air Network) et ancien directeur adjoint du département de l’environnement du ministère vietnamien des Ressources naturelles et de l’Environnement, a déclaré : « Les ZFE ne sont pas une ‘baguette magique’ pour l’édification de villes vertes, il s’agit seulement de l'une des mesures destinées à améliorer la pollution de l'air ».

Selon lui, deux facteurs principaux détermineront le succès de ce modèle : tout d’abord, les programmes du ministère des Transports visant à restructurer le trafic, et deuxièmement, les politiques de l’administration locale pour garantir le soutien du public et l’implication de la communauté.

Comme il n'existe pas de modèle commun pour la mise en place de ZFE, les autorités de Hanoï doivent définir clairement les critères, les conditions et les procédures nécessaires pour la création de ces zones, a indiqué Hoang Duong Tung. Il a jugé nécessaire de vérifier le taux d’émission des véhicules, d’élaborer les politiques de soutien pour la conversion des motos à essence en véhicules électriques, de construire des bornes de recharge pour véhicules électriques, de réduire les tarifs des transports publics, ou encore de développer des systèmes de location de vélos et de véhicules électriques.

Hoang Duong Tung a également souligné l’importance d’étudier les expériences de grandes villes du monde telles que Londres, Paris, Berlin, Séoul, Amsterdam ou Bruxelles. Ces dernières ont obtenu de nombreux résultats positifs dans la mise en place de ZFE.

Pour garantir l’efficacité de ce modèle, Hanoï doit moderniser ses infrastructures de transport, dont notamment son système de transport public, et introduire des politiques d’incitation pour aider les citoyens à remplacer leurs véhicules obsolètes par des modèles plus écologiques.

La création de ZFE constitue une avancée majeure, qui promet de transformer la capitale en une ville plus verte, plus propre et plus vivable pour les générations futures, a noté Hoang Duong Tung.