La Commission européenne (CE) a récemment lancé une première consultation ciblée sur le champ d'application des produits couverts par la nouvelle réglementation de l'Union européenne (UE) sur l'acier. Ce dispositif instaure un nouveau cadre de protection, sensiblement plus strict que les précédentes mesures de sauvegarde, et pourrait avoir des répercussions directes sur les exportations vietnamiennes d'acier vers le marché européen.
La nouvelle réglementation ramène le quota annuel d'importations exemptées de droits de douane à 18,3 millions de tonnes, soit une baisse de près de 47 % par rapport au niveau de 2024, et porte à 50 % les droits de douane appliqués aux importations dépassant ces quotas. Le nombre de catégories de produits concernées passe par ailleurs de 28 à 30.
Le texte introduit également une nouvelle exigence de traçabilité fondée sur le principe dit « melt and pour », selon lequel les importateurs devront identifier le pays où l'acier a été initialement fondu et coulé, et non plus seulement celui où il a subi sa transformation finale.
La consultation porte sur quatre groupes de produits susceptibles d'être ajoutés au champ d'application de la réglementation. Elle reste ouverte jusqu'au 30 septembre 2026 et ses conclusions seront publiées au plus tard le 31 décembre 2026.Selon le Bureau commercial du Vietnam en Belgique et auprès de l'UE, cette nouvelle réglementation soulève deux défis. Le premier concerne l'accès au marché européen.
Au cours des cinq premiers mois de 2026, les exportations vietnamiennes d'acier vers l'UE ont reculé de près de 18,3 % en volume et de 23,3 % en valeur par rapport à la même période de 2025. Cette tendance s'est dessinée avant même l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, principalement sous l'effet de la faiblesse de la demande en Europe et du durcissement des mesures de protection commerciale.
Le second défi est de nature plus structurelle et résulte de l'application de la règle « melt and pour ». Comme la capacité de production d'acier brut du Vietnam demeure limitée, les entreprises vietnamiennes qui importent des brames ou de l'acier laminé à chaud, principalement en provenance d'Asie, avant d'effectuer les opérations de transformation au Vietnam, verront leurs produits comptabilisés dans les quotas du pays d'origine de l'acier brut et non dans ceux du Vietnam.
Une partie de l'acier transformé au Vietnam pourrait ainsi ne pas bénéficier des quotas accordés au Vietnam lors de son exportation vers l'UE.
À plus long terme, l'Association vietnamienne de l'acier (VSA) prévoit une production nationale d'acier brut de 27 millions de tonnes en 2026, en hausse de 10 % sur un an. Le renforcement progressif des capacités nationales de production d'acier brut devrait permettre au Vietnam de mieux répondre, à terme, aux exigences de traçabilité imposées par l'UE.
Le chef du Bureau commercial du Vietnam en Belgique, Trân Ngoc Quân, a recommandé aux entreprises sidérurgiques vietnamiennes de suivre de près l'évolution de cette consultation.
Le Bureau commercial encourage les entreprises exportatrices et l'Association vietnamienne de l'acier à intensifier leurs échanges avec les importateurs et les organisations professionnelles de l'UE afin de formuler des observations tenant compte des réalités de la production et du commerce de l'acier au Vietnam, et d'obtenir au moins une période de transition permettant de s'adapter aux nouvelles exigences.