Vietnam : introduire le chant xẩm dans l’espace scolaire

À partir d’un atelier consacré au chant xẩm (une forme de musique populaire vietnamienne, autrefois pratiquée par des artistes ambulants, souvent aveugles), un groupe de lycéens a progressivement fait entrer ce patrimoine dans le cadre scolaire à travers des expériences enrichissantes, la créativité et un esprit de partage.

L’artisane Mai Tuyet Hoa partage son expérience du chant xẩm avec des élèves.
L’artisane Mai Tuyet Hoa partage son expérience du chant xẩm avec des élèves.

L’esprit de renouvellement du patrimoine s’est exprimé lors de l’atelier intitulé « Introduire le chant xẩm à l’école », organisé le 7 avril à Hanoï.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet de livre « Les sonorités de l’identité culturelle », relevant du concours Vinformation.

Le projet est mené par le groupe Ban Lang, composé de cinq élèves de seconde du lycée Vinschool Times City, et a suscité l’intérêt de nombreux enseignants et élèves.

Au-delà d’un simple échange artistique, l’atelier a offert aux élèves l’opportunité d’entrer en contact avec la culture à travers une expérience concrète.

Dans le cadre de leurs recherches, le groupe Ban Lang a choisi le delta du fleuve Rouge comme espace d’étude, une région qui a vu naître de nombreuses formes d’arts populaires remarquables, telles que le chant alterné quan h, le chant de ca trù (une forme de musique savante vietnamienne, mêlant chant, poésie et accompagnement instrumental, autrefois pratiquée dans des cercles lettrés), le chèo (un théâtre musical populaire vietnamien, combinant chant, danse et jeu scénique, souvent marqué par la satire et l’humour), le hát văn (une musique rituelle liée aux pratiques spirituelles vietnamiennes, notamment aux cérémonies de culte des divinités) et le chant xm.

Le xẩm n’est pas seulement une forme d’art populaire, mais aussi une expression des destins humains, des moyens de subsistance, des émotions profondes et d’une vitalité persistante au cœur de la culture vietnamienne.

Sans se limiter à la présentation du patrimoine, les élèves ont créé un espace permettant aux participants d’écouter et d’échanger directement avec des artistes.

L’artiste Mai Tuyet Hoa a expliqué que le xẩm est une forme d’art populaire singulière du Vietnam, autrefois étroitement liée à la vie quotidienne des classes populaires, résonnant dans les marchés, aux quais, dans les rues ou les gares, à la fois comme moyen de subsistance et comme mode d’expression émotionnelle.

Selon elle, pour comprendre le xẩm, il ne suffit pas d’en mémoriser les concepts ou les classifications, mais il faut en ressentir l’esprit.

Le xm mêle satire, conseils moraux, tristesse liée à la condition humaine, expérience de vie et une touche d’humour typiquement vietnamienne.

Interrogée sur la possibilité de combiner le xm avec la musique moderne, l’artiste a estimé que l’innovation est nécessaire pour rapprocher ce patrimoine du jeune public.

Toutefois, cette créativité ne prend tout son sens que lorsqu’elle repose sur une compréhension approfondie, un respect sincère et une maîtrise de l’essence même de cet héritage culturel.

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