Malgré les aléas de la vie, les sourires des artisans de Luu Thuong témoignent de la pérennité de cet artisanat ancestral.
Malgré les aléas de la vie, les sourires des artisans de Luu Thuong témoignent de la pérennité de cet artisanat ancestral.

À Luu Thuong, un savoir-faire ancestral se perpétue depuis quatre siècles

À une quarantaine de kilomètres du centre de la capitale Hanoï, le village de Luu Thuong, dans la commune de Phuong Duc, perpétue l’art du tressage du cỏ tế depuis près de quatre siècles.

À partir de simples brins d’herbe, les habitants créent des produits raffinés destinés à l’exportation, tout en préservant un savoir-faire artisanal transmis de génération en génération.

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Le village de Luu Thuong se situe à une quarantaine de kilomètres du centre de Hanoï (capitale vietnamienne).
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À Luu Thuong, on perçoit aisément la quiétude d’un village artisanal vieux de près de 400 ans, où les traditions se perpétuent.

Tout a commencé en 1683, lorsque Nguyen Thao Lam, natif du village, introduisit le cỏ tế dans la localité.

De cette matière modeste est né un métier ancestral qui a fait vivre de nombreuses générations.

La matière première principale est le cỏ tế, une fougère de montagne d’un brun-rouge naturel, à la fois résistante et souple.

Comparé au rotin ou au bambou, le cỏ tế se distingue par sa couleur, sa malléabilité et sa durabilité.

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La matière première principale est le cỏ tế, une fougère de montagne d’un brun-rouge naturel, à la fois résistante et souple.
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Les premières étapes, réalisées à domicile, notamment l’écorçage et le fendage, exigent d’emblée une grande minutie.
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Le cœur du cỏ tế doit être exposé alternativement à la rosée et au soleil pendant au moins trois jours et trois nuits.

En raison de sa particularité, se raidir au soleil et s’assouplir à l’humidité, le cœur du cỏ tế doit être exposé alternativement à la rosée et au soleil pendant au moins trois jours et trois nuits, afin d’acquérir la souplesse et la résistance nécessaires.

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Une fois suffisamment sèche, chaque brin est fendu en deux ou en trois parties, une étape qui requiert une grande précision.
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Après avoir été fendus, les matériaux sont acheminés vers un atelier commun, où chacun prend en charge une étape du processus.
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Dans cet atelier, les machines ne sauraient remplacer le tressage manuel, qui exige habileté et dextérité.
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Pour créer un produit fini, l'artisan doit patienter des heures durant, penché sur chaque brin d'herbe.

Afin de prévenir les termites et d'accroître la durabilité, chaque produit est fumigé au soufre.

Cette étape permet à chaque brin de cỏ tế de conserver sa résistance tout au long de son utilisation.

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Chaque produit est fumigé au soufre.
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Le produit est ensuite plongé dans une huile résineuse, formant une couche protectrice lisse et brillante.

Le trempage et le séchage sont répétés deux à trois fois, jusqu’à obtenir une couleur vive, uniforme et stable, prête à l’expédition.

Malgré la complexité des étapes, les habitants de Luu Thuong ne se découragent pas : pour eux, cet artisanat est à la fois un moyen de subsistance et un lien solide qui unit les générations au sein de chaque famille.

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À partir de simples brins d’herbe, les habitants créent des produits raffinés destinés à l’exportation.
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Luu Thuong, là où le cỏ tế tisse l’âme des générations.
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Le fruit de cette persévérance se traduit par des produits finis qui séduisent aussi bien le marché national qu’international.
Photo : baovanhoa
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