Construire une culture du savoir numérique

La transformation numérique est désormais présente dans tous les domaines de la vie, et la culture de la lecture n’échappe pas à cette évolution.

De nombreux enfants ont participé avec enthousiasme à cet espace interactif autour du livre.
De nombreux enfants ont participé avec enthousiasme à cet espace interactif autour du livre.

Le 24 août dernier, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a publié des orientations pour la mise en place d’un programme de développement de la culture de la lecture au sein de la communauté. Celles-ci prévoient notamment la création de bibliothèques numériques communautaires ainsi que de modèles de bibliothèques ouvertes et d’espaces de lecture flexibles dans les zones urbaines et rurales, afin de développer les habitudes et les compétences de lecture et de garantir à la population le droit d’accéder au savoir.

Ces orientations fixent pour objectif de parvenir, à l’horizon 2045, à une transition de la « culture de la lecture » vers une « culture du savoir numérique ». Il s’agit d’une concrétisation d’une vision du développement culturel adaptée aux exigences de la nouvelle période. Plus précisément, d’ici à 2030, il s’agira de créer et de consolider les habitudes et les compétences de lecture, tout en améliorant la capacité de la population à accéder à l’information et au savoir et à les utiliser grâce aux infrastructures numériques et aux espaces de lecture flexibles, avec pour objectif que 80 % de la population lise régulièrement.

À l’horizon 2045, la transition de la culture de la lecture vers la culture du savoir numérique devra être achevée. Le réseau des bibliothèques numériques devra alors garantir l’intégration, l’interconnexion et le partage des données à l’échelle nationale, et devenir un centre d’innovation et de mise en relation des savoirs. Une telle conception du calendrier, organisé par étapes, témoigne d’un changement fondamental dans la pensée managériale : définir des étapes concrètes, mesurables, vérifiables et contrôlables.

Les trois solutions prioritaires définies dans le document traduisent clairement cet esprit d’innovation. Ainsi, les bibliothèques communautaires numériques visent à créer de petites bibliothèques dans l’espace numérique, afin que les habitants des régions reculées, des zones frontalières et des îles puissent accéder aux ressources du savoir sans subir de disparités par rapport aux populations urbaines.

Les bibliothèques ouvertes permettent de mettre les livres et les connaissances à la portée de toutes les catégories de la population de manière flexible, dans des lieux allant des rues piétonnes et des parcs aux écoles et aux centres culturels. Les espaces de lecture flexibles permettent d’organiser des séminaires, des expositions ou des activités communautaires en fonction des besoins réels. Ces trois solutions sont étroitement liées et complémentaires, et tendent toutes vers un même objectif : placer le lecteur au centre, garantir le droit d’accès au savoir et assurer l’égalité.

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Photo d'illustration/VGP

La nouvelle réglementation n’impose pas de modèle rigide à tous les ministères, secteurs et collectivités locales. Elle leur donne au contraire l’initiative pour examiner et évaluer leur situation réelle, définir eux-mêmes des objectifs, des missions et un calendrier adaptés à leurs conditions, en s’appuyant sur les acquis du Projet de développement de la culture de la lecture au sein de la communauté pour la période 2017-2025.

Cette approche traduit clairement l’esprit de décentralisation et de responsabilisation : donner des compétences tout en associant celles-ci à des responsabilités, conformément au principe selon lequel le ministère oriente, les services provinciaux accompagnent et les collectivités locales s’engagent, au service d’une mission commune ; elle vise également à corriger résolument les situations d’évitement des responsabilités, de renvoi de celles-ci à d’autres acteurs et de mise en œuvre purement formelle.

Pour que les orientations précitées produisent des résultats concrets et répondent aux exigences de la nouvelle phase de développement, il convient avant tout de renforcer la prise de conscience des différents niveaux de pouvoir, des secteurs concernés et de l’ensemble de la société quant à la place de la culture de la lecture et de la culture du savoir numérique dans le développement de la culture et de l’être humain au Vietnam.

D’autre part, il est nécessaire d’investir dans les infrastructures technologiques et les données numériques du système des bibliothèques, du niveau central jusqu’à la base ; de renforcer les compétences numériques des personnels travaillant dans les bibliothèques et l’édition ; d’accélérer la socialisation, en mobilisant la participation des communautés, des entreprises et des bibliothèques privées à la construction d’une culture du savoir numérique, en lien avec les programmes nationaux de transformation numérique ; et de continuer à perfectionner les institutions et les politiques afin de créer un cadre juridique favorable au processus de transition…

Le passage de la culture de la lecture à la culture du savoir numérique ne pourra pas s’accomplir en peu de temps. Cependant, grâce à une feuille de route clairement définie, à une répartition précise des responsabilités entre les différents niveaux, ainsi qu’à une volonté politique déterminée et à la mobilisation de l’ensemble de la société, l’objectif de construire, d’ici à 2045, un écosystème du savoir ouvert, moderne et égalitaire pour tous les citoyens a toutes les chances de devenir une réalité.

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