Éveiller le printemps le long des voies ferrées du pays

Au rythme régulier des trains reliant le Nord et le Sud, le mouvement « Voies ferrées – Voies fleuries » transforme progressivement le paysage ferroviaire.

Grâce aux mains dévouées des cheminots et à la participation des générations retraitées, les arbres et fleurs soigneusement entretenus réveillent les couleurs du printemps tout au long des rails du pays.

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Le train traverse une saison de fleurs.

Pour le secteur ferroviaire, le printemps naît des jeunes pousses qui prennent racine dans les gares, le long des voies, et des fleurs qui s’épanouissent malgré les conditions climatiques difficiles et les contraintes du métier.

Mis en place depuis plusieurs années, le mouvement « Voies ferrées – Voies fleuries » transforme peu à peu des couloirs techniques autrefois austères en espaces verts accueillants. Derrière ce changement se trouvent des femmes et des hommes qui vivent chaque jour au rythme des rails. Les cheminots assurent la sécurité des trains tout en plantant eux-mêmes des arbres, fabriquant des pots, arrosant et taillant chaque branche avec soin.

Dans cet environnement de travail particulier, la technique et la vie quotidienne se mêlent harmonieusement. Les lignes ferroviaires traversent le pays du Nord au Sud, mais lorsqu’on prend le temps d’observer, on découvre des touches de couleur entre le béton, les pierres et l’acier des rails.

Dans de nombreuses unités ferroviaires, les pots de fleurs sont fabriqués directement en gare avec des matériaux disponibles sur place comme le ciment, le sable ou les gravats. Des ouvriers habitués aux tâches pénibles - inspection des rails, surveillance des passages à niveau ou contrôle des voies - prennent désormais le temps d’ajuster chaque massif floral afin de préserver la sécurité de circulation des trains. Une transformation naturelle : de gardiens de la sécurité technique, ils deviennent aussi créateurs de paysages verdoyants.

L’originalité du mouvement réside dans son organisation souple. Chaque unité et chaque tronçon ferroviaire s’adaptent à leurs propres conditions. Là où l’espace et le climat sont favorables, des rangées de fleurs sont plantées le long des voies. Dans les petites gares, chaque mètre carré est utilisé pour créer de modestes jardins fleuris. Là où le personnel est limité, l’entretien des plantes est organisé par équipes et par rotations.

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Les bougainvilliers sont plantés dans de nombreuses gares du Centre du Vietnam en raison de leur bonne adaptation aux conditions climatiques locales.

Cette flexibilité a donné naissance à un véritable réseau de « jardins ferroviaires », animé par un même esprit : entretenir et embellir soi-même son lieu de travail, tout en offrant un cadre agréable aux voyageurs et aux visiteurs. Il n’existe pas d’équipe spécialisée pour le paysage ; tout repose sur les cheminots eux-mêmes.

Le réseau ferroviaire fonctionne comme un ensemble uni, et le mouvement suit le même principe. Toutes les unités ne disposent pas des mêmes conditions : certaines affrontent une chaleur intense, d’autres des tempêtes fréquentes ou un manque de personnel. Au lieu de rester isolées, elles s’entraident naturellement. Les régions plus favorisées fournissent des plants, des pots ou des conseils techniques aux unités en difficulté.

Certaines vont même jusqu’à envoyer des plantes vers les zones les plus difficiles afin que les petites gares éloignées puissent elles aussi conserver leurs espaces verts. Cet esprit de solidarité repose sur une conviction commune : le chemin de fer forme un seul et même ensemble.

Le plus émouvant est sans doute la participation des anciens cadres et ouvriers aujourd’hui retraités. Même loin des voies, ils continuent de suivre avec affection les trains, les gares et les lignes qu’ils ont autrefois servis. Beaucoup cultivent des plantes chez eux avant de les offrir à leur ancienne unité. Certains mobilisent même leurs familles pour contribuer à cette initiative et transmettre leur expérience du jardinage acquise au fil des années.

Selon Le Van Chien, secrétaire du Parti et directeur de la branche d’exploitation ferroviaire Nghia Binh, chaque pot de fleurs et chaque jardin représentent aussi un souvenir professionnel et un message d’espoir transmis entre collègues. La participation des retraités donne au mouvement une profondeur particulière, reliant le passé et le présent, ceux qui travaillent encore et ceux qui ont quitté leur poste sans jamais quitter réellement le secteur ferroviaire.

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La verdure recouvre les voies ferrées.

Longtemps considéré comme une simple infrastructure technique, le chemin de fer change aujourd’hui d’image grâce à ce mouvement. Les gares et les voies sont aussi des lieux de vie où les personnes travaillent et se rencontrent chaque jour. On y voit des employés arroser les plantes au lever du jour ou remettre en place les pots de fleurs après une tempête. Ainsi, l’espace technique devient également un espace humain où nature et travail coexistent en harmonie.

Comme tout mouvement durable, « Voies ferrées – Voies fleuries » vit grâce à des gestes simples répétés chaque jour : arroser, planter, fabriquer des pots, partager des semences et soutenir les unités en difficulté. Ce sont ces petites actions qui créent un changement profond et durable.

Aujourd’hui, le long des lignes ferroviaires, les arbres et fleurs apparaissent peu à peu, apportant couleur et vie aux gares et aux paysages traversés par les trains. Le printemps naît surtout des gestes simples des cheminots et des retraités, qui continuent de planter, d’arroser et de partager cette passion du vert à travers tout le pays.

Sur cette route sans fin, les trains poursuivent leur trajet avec régularité. Et à leurs côtés, les couleurs du printemps continuent d’éclore grâce à l’union des travailleurs et de tous ceux qui sèment la verdure à travers le pays.

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