Le premier Vietnamien à conquérir trois sommets du massif de l'Everest en quatre jours

Le docteur Ngo Hai Son et son guide Nima Sherpa ont établi le record du monde de la « Triple Crown » la plus rapide de l'histoire, en gravissant coup sur coup l'Everest, le Lhotse et le Nuptse en seulement quatre jours.

Le docteur Ngo Hai Son (à droite) et le guide Nima Sherpa conquièrent le pic Nuptse le 24 mai. Photo : VietSummit.
Le docteur Ngo Hai Son (à droite) et le guide Nima Sherpa conquièrent le pic Nuptse le 24 mai. Photo : VietSummit.

Le 24 mai, Satori Adventures, une agence de renommée internationale spécialisée dans les expéditions himalayennes, a rendu hommage au médecin vietnamien Ngo Hai Son pour son exploit inédit : l'ascension successive de trois sommets du massif de l'Everest, à savoir l'Everest (8 848 m), le Lhotse (8 516 m) et le Nuptse (7 861 m). Le Dr Son et son guide népalais, Nima Sherpa, forment désormais le binôme le plus rapide du monde à boucler le défi de la « Triple Crown », réalisé entre le 20 et le 24 mai, soit en quatre jours seulement.

Le 20 mai à 3 heures du matin, le chirurgien a atteint avec succès le « Toit du monde ». Selon l'agence Reuters, il faisait partie d'un groupe de 274 alpinistes à s'être hissés au sommet de l'Everest ce jour-là, un chiffre record pour une seule journée depuis le versant népalais.

Sans s'arrêter en si bon chemin, le Dr Son a enchaîné le lendemain, 21 mai, avec l'ascension du Lhotse. Après être redescendu au camp de base, le duo s'est immédiatement lancé à l'assaut du Nuptse, dont ils ont foulé le sommet le 24 mai à 6 h 20.

La « Triple Crown » est un titre honorifique décerné aux alpinistes qui parviennent à dompter l'Everest, le Lhotse et le Nuptse au cours d'une seule et même saison d'expédition. Ce défi est considéré comme l'un des plus redoutables au monde, car ces trois géants culminent ou pénètrent largement dans la fameuse « Zone de la mort » (Death Zone) de l'Himalaya.

Selon VietSummit, une structure vietnamienne spécialisée dans l'entraînement et l'organisation d'expéditions sur les 14 sommets de plus de 8 000 mètres au Népal, au Tibet et au Pakistan, enchaîner l'Everest et le Lhotse en 24 à 48 heures relève déjà de la prouesse rare. Cependant, poursuivre directement avec le Nuptse dans la foulée et lors d'une même rotation depuis le camp de base tenait jusqu'alors du domaine de « l'impossible ».

Bien que moins élevé que ses deux voisins, le Nuptse est jugé bien plus exigeant sur le plan technique par les spécialistes, en raison de ses voies d'escalade mixte alternant des parois verticales de roche et de glace. Après plusieurs jours d'efforts intenses dans la zone de la mort, l'alpiniste doit impérativement maintenir une lucidité absolue pour franchir ces falaises escarpées et capitaliser sur de très courtes « fenêtres météo ».

« Se tenir au sommet de ces trois montagnes durant la même saison exige une condition physique hors norme, une capacité d'acclimatation exceptionnelle et une force mentale à toute épreuve. Cette performance majuscule inscrit durablement le nom du docteur Ngo Hai Son sur la carte mondiale de l'alpinisme de l'extrême », a souligné VietSummit.

Âgé de 39 ans, le Dr Ngo Hai Son, alias « Dr Kai », est chirurgien plasticien au Service de chirurgie maxillo-faciale, plastique et esthétique de l'Hôpital de l'amitié Vietnam-Allemagne (Bệnh viện Hữu nghị Việt Đức) à Hanoï.

Entré dans le monde de l'alpinisme il y a 11 ans, il a d'abord gravi des sommets emblématiques en Asie et en Afrique, tels que le Kilimandjaro (Tanzanie, 5 900 m) et le Mera Peak (Népal, 6 500 m), avant de s'attaquer aux géants de plus de 8 000 mètres. En juillet 2024, il était déjà devenu le premier Vietnamien à vaincre le mythique K2 (8 611 m) au Pakistan, réputé pour sa dangerosité.

Ses années de pratique dans un environnement chirurgical à haute pression, où la précision absolue est de mise, ont forgé sa résistance physique et mentale. Cet entraînement quotidien lui permet de conserver un sang-froid total face aux imprévus, que ce soit au bloc opératoire ou sur les parois rocheuses.

Lors de son ascension du K2, il avait d'ailleurs été victime d'un accident, faisant une chute libre de trois mètres après avoir lâché sa corde de sécurité. Par chance, malgré les contusions, il avait réussi à s'agripper à temps pour stabiliser sa position.

Il confie côtoyer chaque jour la frontière entre la vie et la mort à l'hôpital. Selon lui, si la peur l'avait paralysé, il n'aurait jamais choisi l'alpinisme ni le K2, l'une des montagnes les plus dangereuses de la planète. « On grimpe au sommet d'une montagne pour observer le monde, pas pour que le monde nous regarde. Les plus beaux paysages ne se révèlent qu'au terme des voyages les plus éprouvants », conclut-il.

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