Cela contribue ainsi à faire émerger un modèle d'économie verte pour la capitale vietnamienne.
Des destinations conviviales offrant des expériences immersives
Avec plus de sept siècles d'histoire, le village de céramique de Bat Trang, situé dans la commune du même nom, est depuis longtemps l'une des destinations artisanales les plus emblématiques du Vietnam. Réputé pour la finesse de ses porcelaines et céramiques, il séduit aujourd'hui les visiteurs bien au-delà de son savoir-faire ancestral.
Les touristes peuvent y déambuler dans les ruelles du vieux village, visiter des fours plusieurs fois centenaires, découvrir les différentes étapes de fabrication des céramiques et participer eux-mêmes aux ateliers de modelage. Les espaces d'exposition, le marché de la céramique ainsi que les nombreux ateliers ouverts au public enrichissent cette expérience et font de Bat Trang une destination incontournable du tourisme artisanal.
Selon Ha Thi Vinh, présidente de l'Association des métiers d'art et des villages artisanaux de Hanoï, le village de Bat Trang a profondément modernisé ses méthodes de production au cours des dernières années. Les anciens fours artisanaux fonctionnant au charbon ont progressivement laissé place à des technologies plus modernes et moins polluantes, améliorant sensiblement la qualité de l'environnement.
L'intégration des nouvelles technologies, tant dans la production que dans la promotion des produits et des expériences touristiques, contribue aujourd'hui à faire de Bat Trang une destination accueillante, moderne et respectueuse de l’environnement.
Autre haut lieu du tourisme artisanal hanoïen, le village de la soie de Van Phuc, situé dans le quartier de Ha Dong, attire les visiteurs grâce à ses rues décorées de longues étoffes colorées, à ses métiers à tisser traditionnels et à ses célèbres soieries.
Les autorités locales ont progressivement aménagé l'espace public en créant des rues piétonnes, des espaces d'exposition et de nombreux lieux propices aux visites et aux photographies, offrant ainsi une expérience touristique toujours plus qualitative.
Le village de Uoc Le, réputé pour sa fabrication traditionnelle de charcuteries vietnamiennes (giò et chả), perpétue quant à lui une tradition singulière : le « Têt retrouvé », célébré les 14 et 15 du premier mois lunaire.
Selon Dinh Huu Binh, président du Comité populaire de la commune de Dan Hoa, cette fête est née d'un constat simple : de nombreux habitants vivant loin de leur village ne peuvent rentrer chez eux à l'occasion du Nouvel An lunaire. L'organisation de ce « second Têt » leur offre une nouvelle occasion de retrouver leurs proches et de renouer avec leurs racines.
Les visiteurs peuvent découvrir l'histoire du métier traditionnel, assister à la préparation artisanale des spécialités locales et participer eux-mêmes à certaines étapes de fabrication, comme le pilage de la viande ou le façonnage des produits.
Le village de Uoc Le reconstitue également un ancien marché traditionnel où les étals, aménagés sous des toitures en bambou et en feuilles de palmier, présentent les spécialités locales : giò lụa, chả quế, giò bò, mais aussi des mets populaires tels que les bánh chưng, bánh tẻ, chè lam ou encore les friandises aux cacahuètes.
Cette initiative contribue non seulement à valoriser les produits du terroir mais également à dynamiser l'économie locale en associant patrimoine gastronomique et tourisme culturel.
Verdir les villages de métiers pour un développement durable
Pour assurer un développement durable du tourisme artisanal, les spécialistes estiment indispensable d'améliorer durablement l'environnement des villages de métiers.
L'installation d'infrastructures modernes de traitement des déchets, le recours à des matières premières plus respectueuses de l'environnement, ainsi que la réduction des pollutions générées par les activités de production permettront à la fois d'améliorer les conditions de vie des habitants et de renforcer l'attractivité touristique de ces territoires.
Parallèlement, la végétalisation des espaces publics, la préservation des paysages traditionnels et la restauration du patrimoine architectural contribueront à construire l'image de villages artisanaux plus verts, plus propres et plus harmonieux.
Conformément au Plan directeur de développement de la capitale à horizon de 100 ans, la municipalité de Hanoï souhaite transformer profondément les espaces ruraux en passant d'une agriculture traditionnelle à une économie agricole écologique, fondée sur les hautes technologies et la création de valeur ajoutée, tout en accordant une attention particulière à la préservation des villages de métiers.
Dans cette stratégie de transformation, la création d'espaces verts constitue un élément central.
Nguyen Manh Phuong, directeur adjoint du service municipal de l'Agriculture et de l'Environnement de Hanoï, indique : « Afin de promouvoir les atouts des villages artisanaux traditionnels et d'intégrer leur existence au plan de développement de la capitale, nous se concentrons sur la mise en œuvre du Projet global de développement des villages de métiers de Hanoï pour la période 2025 – 2030, avec une vision à l'horizon 2050 ».
L'ambition majeure de ce projet consiste à préserver la structure traditionnelle des villages selon le modèle du « village dans la ville, ville dans le village ». Au-delà d'une simple évolution architecturale, il s'agit de transformer en profondeur le modèle économique des villages artisanaux afin d'en faire de véritables écosystèmes de production propre, étroitement liés au développement du tourisme et de la culture.
Les statistiques du service municipal de l'Agriculture et de l'Environnement montrent que Hanoï compte actuellement 55 sites et zones touristiques officiellement reconnus, dont 27 sont directement liés au tourisme rural, aux villages de métiers, à l'agriculture ou à l'écotourisme.
L'intégration des espaces verts dans ces zones ne se limite pas à l'embellissement des paysages. Elle concerne également les infrastructures techniques, avec la création de centres multifonctionnels de traitement des déchets destinés à répondre aux besoins des différents villages de métiers.
La capitale poursuit également l'élaboration d'un plan directeur de gestion des déchets solides à l'échelle des 100 prochaines années. L'objectif est de réduire la distance de transport des déchets à moins de 50 kilomètres et d'éliminer durablement les sources de pollution affectant les principaux regroupements de villages artisanaux.
À l'horizon 2025 – 2030, Hanoï ambitionne d'enregistrer une croissance annuelle moyenne d'environ 10 % de la valeur de la production artisanale. Pour atteindre cet objectif, les villages de métiers devront devenir de véritables espaces verts où le patrimoine culturel ne sera plus étouffé par le béton, mais mis en valeur au sein d'un environnement naturel préservé.
Dans cette perspective, la municipalité de Hanoï a chargé les différents services administratifs ainsi que les autorités communales de recenser et de développer des zones d'approvisionnement en matières premières stables destinées aux activités artisanales rurales.
Des politiques d'accompagnement sont également mises en œuvre afin d'aider les ateliers de production et les villages de métiers à accéder à des terrains adaptés, à disposer d'espaces de production mieux organisés et à financer les dispositifs de lutte contre la pollution environnementale.
Enfin, les contrôles et les inspections relatifs au respect de la réglementation sur la protection de l'environnement dans les villages de métiers seront renforcés afin de garantir un développement durable conciliant patrimoine, qualité de vie et attractivité touristique.
La capitale vietnamienne abrite le plus grand nombre de villages artisanaux du pays, avec 1 350 regroupant 47 des 52 métiers traditionnels recensés à l’échelle nationale. Elle compte également quatre villages de métier rejoignant le réseau des villes artisanales du monde. Ce sont les villages de Chuyen My, Son Dong, Bat Trang et Van Phuc.
Consciente de leur potentiel et de leur valeur, la ville de Hanoï a élaboré un plan d’aménagement des villages d’artisanat et des métiers artisanaux jusqu’en 2025, avec vision à l’horizon 2030, ainsi qu’un projet de développement global pour la période 2025 – 2030, avec une perspective jusqu’en 2050.