La gastronomie, un levier stratégique pour accroître la valeur ajoutée du tourisme vietnamien

Porté par une cuisine riche et reconnue à l’international, le Vietnam entend faire de la gastronomie une véritable expérience culturelle afin de renforcer l’attractivité de ses destinations, préserver son patrimoine et accroître la compétitivité de son industrie touristique.

La gastronomie, un levier stratégique pour accroître la valeur ajoutée du tourisme vietnamien. Photo : VNA.
La gastronomie, un levier stratégique pour accroître la valeur ajoutée du tourisme vietnamien. Photo : VNA.

Régulièrement distinguée par des organisations internationales, des médias spécialisés et des classements mondiaux, la gastronomie vietnamienne s’impose comme l’un des principaux atouts du pays pour développer un tourisme à forte valeur ajoutée.

Au-delà de la dégustation de spécialités locales, les acteurs du secteur misent désormais sur des expériences immersives associant patrimoine, savoir-faire et identité culturelle afin de répondre aux nouvelles attentes des voyageurs.

Chaque week-end, le Village de la culture et du tourisme des ethnies du Vietnam, à Hanoï, accueille de nombreux visiteurs venus découvrir la diversité culturelle des 54 groupes ethniques du pays.

Aux côtés des spectacles de musique traditionnelle, des fêtes populaires et des démonstrations d’artisanat, les espaces consacrés à la gastronomie figurent parmi les attractions les plus fréquentées.

Les visiteurs y dégustent des spécialités issues des régions montagneuses, des plaines et des deltas, tout en découvrant les traditions, les savoir-faire et les récits qui accompagnent chaque plat.

Le Vietnam possède un patrimoine culinaire particulièrement riche, avec plusieurs milliers de recettes représentatives des différentes communautés du pays. Nombre d’entre elles ont été saluées par des organismes internationaux.

Ces dernières années, plusieurs collectivités locales ont fait de la gastronomie un véritable produit touristique, dépassant sa seule fonction de restauration pour en faire un vecteur de découverte culturelle.

Huê constitue l’un des exemples les plus aboutis de cette démarche. La ville s’appuie sur son héritage culturel pour développer un tourisme gastronomique étroitement lié à son identité historique.

Selon le Service municipal du tourism, la ville a accueilli plus de 4,3 millions de visiteurs au cours du premier semestre 2026, en hausse de 30 % en rythme annuel. Les recettes touristiques sont estimées à 10.300 milliards de dôngs (391,48 millions de dollars), en progression de 56,2 %.

Outre les retombées du Festival de Huê et des nombreux événements culturels organisés tout au long de l’année, la gastronomie contribue de manière croissante à l’attractivité de la destination.

Les visiteurs ne viennent plus seulement admirer les monuments historiques, mais souhaitent également découvrir l’univers culinaire de l’ancienne capitale impériale.

Pour Nguyen Thi Thu Phuong, directrice de l’Institut vietnamien de la culture, des arts, des sports et du tourisme, la renommée de la cuisine de Huê ne tient pas uniquement au nombre de plats recensés, estimé à plus de 3.000, mais surtout à la profondeur culturelle qu’ils incarnent.

Le choix des ingrédients, les techniques de préparation, la présentation des mets et les rituels de dégustation traduisent une philosophie de vie fondée sur l’harmonie, la finesse et la sobriété.

Selon l’Association mondiale du tourisme gastronomique, près de 81 % des voyageurs souhaitent découvrir la cuisine locale lors de leurs déplacements et consacrent entre un quart et plus d’un tiers de leur budget de voyage à l’alimentation.

Malgré cet intérêt croissant et la réputation internationale de sa cuisine, le Vietnam n’exploite pas encore pleinement ce potentiel.

En vue d’y remédier, Nguyên Thi Hoa Mai, cheffe adjointe de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, indique que son organisme a soumis au gouvernement un projet de promotion internationale du tourisme et de la gastronomie vietnamienne pour la période 2026-2030.

Celui-ci vise à faire de la gastronomie un pilier du positionnement de la marque touristique nationale et à renforcer la compétitivité du Vietnam sur les marchés asiatique et mondial.

Les experts estiment également que les destinations doivent évoluer d’une logique consistant à « vendre des plats » vers une approche fondée sur la création d’expériences participatives.

Les visiteurs sont désormais invités à parcourir l’ensemble de la chaîne de valeur gastronomique, depuis les zones de production agricole, les marchés traditionnels et les villages de métiers jusqu’aux ateliers de cuisine animés par des artisans et aux rencontres avec les détenteurs des savoir-faire locaux.

Cette immersion permet non seulement d’enrichir l’expérience touristique, mais aussi de préserver le patrimoine culinaire, de soutenir les métiers traditionnels et d’améliorer durablement les revenus des populations locales.

Le renforcement de la coopération entre les autorités publiques, les entreprises, les établissements de formation, les artisans et les communautés est également considéré comme un facteur essentiel.

En faisant de chaque spécialité culinaire le reflet d’un territoire, d’une histoire et d’une identité culturelle, le Vietnam entend transformer sa gastronomie en un moteur durable de développement touristique et en un atout majeur pour renforcer son rayonnement international.

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