Propriété intellectuelle : protéger les créateurs et la culture

La propriété intellectuelle devient un enjeu majeur de la vie culturelle au Vietnam dans le contexte d’une expansion numérique fulgurante, la propriété intellectuelle. 

Photo : VNA.
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Dans le contexte d’une expansion numérique fulgurante, la propriété intellectuelle devient un enjeu majeur de la vie culturelle au Vietnam. Les produits culturels tels que la musique, le cinéma, les livres, les programmes télévisés, les œuvres d’art ou les contenus numériques ne sont pas seulement des valeurs spirituelles, mais constituent également des actifs créatifs d’une importance économique considérable.

Cependant, avec l’explosion des réseaux sociaux et des plateformes en ligne, les violations des droits de propriété intellectuelle se multiplient de manière sophistiquée et incontrôlable, portant gravement atteinte aux auteurs, aux artistes ainsi qu’à l’environnement créatif national. Selon le Professeur associé Dr Bui Hoai Son, membre de la Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale, le piratage numérique est devenu un problème lancinant. Autrefois liées aux supports physiques, les infractions migrent désormais vers le cyberespace, caractérisées par une rapidité et un anonymat accrus.

Dans le secteur du septième art, des œuvres comme « Bố già » (Le Parrain) ont été illégalement diffusées sur de multiples sites web moins de 24 heures après leur sortie officielle sur la plateforme payante Galaxy Play, entraînant d'importantes pertes financières et dégradant l'expérience des spectateurs.

Le secteur musical subit des pressions similaires. De nombreuses chansons sont exploitées sans autorisation dans des publicités ou lors de diffusions en direct. Cette situation découle notamment d’une perception erronée selon laquelle les contenus en ligne seraient gratuits. L’affaire Mây Sài Gòn est emblématique : bien qu’ayant obtenu une autorisation pour organiser un spectacle, cette entité a ensuite produit, modifié et diffusé des enregistrements sur YouTube sans l’accord des auteurs originaux.

Outre la musique, le secteur de l’édition fait face au partage illicite de fichiers PDF. Certains ouvrages sont scannés intégralement puis publiés gratuitement sur les réseaux sociaux dès leur parution. Selon Tran Hoang, directeur du Département du droit d'auteur, dans l'ère de l'intelligence artificielle, le droit d'auteur constitue l'infrastructure essentielle de l'économie créative. Les violations, motivées par le profit publicitaire ou une conscience publique limitée, nécessitent une coopération internationale accrue. Au-delà des pertes matérielles, ces pratiques instaurent un environnement culturel irrespectueux des valeurs intellectuelles, affectant la moralité sociale et le respect des droits d'autrui chez les jeunes.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement a promulgué la Dépêche n°38/CĐ-TTg, lançant une campagne nationale de contrôle. Parallèlement, le Département du droit d'auteur a exigé des acteurs de l’audiovisuel, de la presse et de l’édition l'utilisation de logiciels sous licence et le respect strict des droits d'auteur et des droits connexes.

Un tournant décisif a été marqué le 16 mai 2026, lorsque le ministère de la Sécurité publique a annoncé la mise en examen de sept individus impliqués dans cinq affaires pénales. Des entités telles que BH Media, Lululola Entertainment, 1900 Group, Mây Sài Gòn et le Centre Giong ca de doi sont accusées d’avoir enregistré, édité et diffusé des contenus musicaux sur YouTube sans autorisation ni paiement des redevances dues aux auteurs et aux titulaires de droits concernés.

Ces mesures répressives sans précédent témoignent de la volonté ferme de l’État de protéger l’intégrité de la création vietnamienne, afin de garantir l’équité pour les créateurs et d’assurer le développement durable de la culture nationale pour les générations futures.

VNA/NDEL
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