Quatre-vingts ans de passion pour un métier ancestral
À Tat Vien, le parfum du bambou fraîchement travaillé imprègne encore la maison de l'artisan Luong Son Bac. Des bottes de bambou, des lamelles soigneusement préparées et des nasses suspendues témoignent d'un artisanat profondément enraciné dans le village.
À 87 ans, Luong Son Bac continue de tresser le bambou avec une dextérité acquise au cours de plus de huit décennies. Initié au métier dès l'âge de cinq ans dans une famille d'artisans, il y est toujours revenu, même après son service militaire et plusieurs années passées loin de son village.
Il se souvient d'une époque où presque chaque foyer fabriquait des do après le travail des champs. Cette activité faisait vivre les familles tout en perpétuant une tradition locale. Les nasses confectionnées par sa famille ont ainsi permis de subvenir aux besoins de trois générations.
Si elles ne servent plus principalement à la pêche, les do connaissent aujourd'hui une nouvelle vie comme objets de décoration exportés à l'étranger. Depuis plus de trente ans, la maison de Luong Son Bac accueille également de nombreux visiteurs vietnamiens et étrangers, venus découvrir ce savoir-faire.
« Je suis heureux de voir de plus en plus de personnes s'intéresser à notre métier. Tant que cette passion sera transmise, l'art des do de Thu Si continuera d'exister », affirme l'artisan.
À travers son parcours, c'est tout un village qui continue de faire vivre discrètement son héritage, porté par la passion des artisans et la volonté de transmettre un savoir-faire unique aux générations futures.
Préserver un métier à travers les gestes du quotidien
À Thu Si, la fabrication des do n'est plus la principale source de revenus des habitants. Les plus jeunes exercent désormais d'autres professions et ne reprennent le tressage qu'après leur journée de travail. Pour les anciens, en revanche, cet artisanat reste bien plus qu'une occupation, il fait partie de leur quotidien et de leur identité.
La confection d'un do exige plusieurs étapes minutieuses : sélectionner le bambou, le fendre en fines lamelles, les tailler, tresser le corps de la nasse, façonner son ouverture et installer le hom (entonnoir intérieur de la nasse), l'entonnoir intérieur qui permet aux poissons et aux crevettes d'entrer sans pouvoir ressortir. Chaque modèle demande précision, patience et un savoir-faire transmis au fil des générations.
À 80 ans, Pham Thi Thuy maîtrise encore parfaitement chacun de ces gestes. Initiée au métier dès l'enfance, elle considère aujourd'hui le tressage moins comme un moyen de subsistance que comme une passion profondément ancrée dans sa vie.
Selon elle, le village a beaucoup changé. Les jeunes disposent de davantage d'opportunités professionnelles, mais ils continuent, pendant leur temps libre, d'aider leurs parents et leurs grands-parents. Ainsi, le métier n'a jamais totalement disparu des foyers de Thu Si.
Les habitants savent que le village ne retrouvera sans doute pas l'âge d'or où presque toutes les familles vivaient de cet artisanat. Pourtant, les do continuent d'être fabriqués chaque jour, non seulement pour être vendus, exportés ou présentés aux visiteurs, mais aussi pour préserver la mémoire et l'identité du village.
À Thu Si, la fabrication des do n'est plus la principale source de revenus des habitants. Les plus jeunes exercent désormais d'autres professions et ne reprennent le tressage qu'après leur journée de travail. Pour les anciens, en revanche, cet artisanat reste bien plus qu'une occupation : il fait partie de leur quotidien et de leur identité.
La confection d'un do exige plusieurs étapes minutieuses : sélectionner le bambou, le fendre en fines lamelles, les tailler, tresser le corps de la nasse, façonner son ouverture et installer le hom, l'entonnoir intérieur qui permet aux poissons et aux crevettes d'entrer sans pouvoir ressortir. Chaque modèle demande précision, patience et un savoir-faire transmis au fil des générations.
À 80 ans, Pham Thi Thuy maîtrise encore parfaitement chacun de ces gestes. Initiée au métier dès l'enfance, elle considère aujourd'hui le tressage moins comme un moyen de subsistance que comme une passion profondément ancrée dans sa vie.
Selon elle, le village a beaucoup changé. Les jeunes disposent de davantage d'opportunités professionnelles, mais ils continuent, pendant leur temps libre, d'aider leurs parents et leurs grands-parents. Ainsi, le métier n'a jamais totalement disparu des foyers de Thu Si.
Les habitants savent que le village ne retrouvera sans doute pas l'âge d'or où presque toutes les familles vivaient de cet artisanat. Pourtant, les do continuent d'être fabriqués chaque jour, non seulement pour être vendus, exportés ou présentés aux visiteurs, mais aussi pour préserver la mémoire et l'identité du village.
Aujourd'hui, la véritable richesse de Thu Si ne se mesure ni au nombre d'artisans ni au volume de production. Elle réside dans la transmission naturelle d'un savoir-faire, dans la passion des anciens, l'engagement des nouvelles générations et la volonté commune de faire vivre un patrimoine qui continue de raconter l'histoire des campagnes du nord du Vietnam.