Photo : TPO.
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Les « nón ngựa » de Phu Gia : un héritage artisanal vieux de plus de trois siècles

L'artisan Do Van Lan, plus connu sous le nom de Ba Lan, âgé de 80 ans et résidant au village de Phu Gia, conserve une remarquable collection de « nón ngựa » anciens, dont plusieurs pièces sont âgées de plus de trois siècles et estimées à plusieurs centaines de millions de dôngs.

Situé dans la commune de Xuan An, province de Gia Lai, dans les Hauts plateaux du Centre du Vietnam, Phu Gia est un village qui doit sa renommée à ses chapeaux coniques, lesquels sont connus sous le nom de « nón ngựa » (chapeau équestre traditionnel).

Ces fameux « nón ngựa » doivent leur nom à leur robustesse et leur flexibilité : des qualités traditionnellement associées au cheval.

Ils étaient autrefois réservés à l’aristocratie et à l’élite, et souvent portés par des cavaliers, ce qui explique aussi ce nom qui leur est donné.

Certains modèles, richement décorés, avec des motifs de dragons ou de phénix, étaient portés par les hauts mandarins.

L'artisan Do Van Lan, plus connu sous le nom de Ba Lan, âgé de 80 ans et résidant au village de Phu Gia, conserve une remarquable collection de « nón ngựa » anciens. Photo : TPO.
L'artisan Do Van Lan, plus connu sous le nom de Ba Lan, âgé de 80 ans et résidant au village de Phu Gia, conserve une remarquable collection de « nón ngựa » anciens. Photo : TPO.

L'un des chapeaux, transmis de génération en génération par son arrière-grand-père, est en possession de Ba Lan depuis plus de 126 ans. Son sommet est orné d'une calotte façonnée dans une carapace de tortue marine.

Un collectionneur lui en a proposé plus de 100 millions de dongs, mais Ba Lan a refusé de le vendre.

Afin de préserver les feuilles qui composent la coiffe, Ba Lan protège soigneusement ce chapeau d'une enveloppe en plastique transparent.

L'un des chapeaux, transmis de génération en génération par son arrière-grand-père, est en possession de Ba Lan depuis plus de 126 ans. Ba Lan protège soigneusement ce chapeau d'une enveloppe en plastique transparent. Photo : TPO.

Les « nón ngựa » de Phu Gia sont entièrement confectionnés à la main avec des matériaux principaux tels que des feuilles de latanier, des racines de pandanus et des tiges de giang, une variété de bambou particulièrement résistante.

Les « nón ngựa » de Phu Gia sont entièrement confectionnés à la main. Photo : TPO.

Ces matériaux confèrent au chapeau une remarquable résistance aux termites et aux insectes, tout en lui assurant solidité et flexibilité.

Les matériaux confèrent au chapeau une remarquable résistance aux termites et aux insectes, tout en lui assurant solidité et flexibilité. Photo : TPO.
Les matériaux confèrent au chapeau une remarquable résistance aux termites et aux insectes, tout en lui assurant solidité et flexibilité. Photo : TPO.

Autrefois, seuls les membres de l'aristocratie et de la noblesse pouvaient en porter, notamment les modèles ornés d'une coiffe métallique en argent finement ciselée de motifs de dragons et de phénix.

L'un des chapeaux conservés par Ba Lan présente au sommet une calotte métallique ornée des quatre créatures mythiques le Dragon, la Licorne (Lân), la Tortue et le Phénix -, un ornement autrefois réservé aux hauts mandarins.

Âgé de plus de 300 ans, il a déjà fait l'objet d'une offre de 150 millions de dôngs, que son propriétaire a déclinée.

L'un des chapeaux conservés par Ba Lan présente au sommet une calotte métallique ornée des quatre créatures mythiques le Dragon, la Licorne (Lân), la Tortue et le Phénix. Photo : TPO.
L'un des chapeaux conservés par Ba Lan présente au sommet une calotte métallique ornée des quatre créatures mythiques le Dragon, la Licorne (Lân), la Tortue et le Phénix. Photo : TPO.

Sous la monarchie, les motifs brodés variaient selon le rang de leur propriétaire.

À la seule vue des ornements, il était possible d'identifier le grade administratif de chaque mandarin.

Sous la monarchie, les motifs brodés variaient selon le rang de leur propriétaire. Photo : TPO.

Les lettrés et les notables, quant à eux, privilégiaient des motifs représentant les fleurs de prunier, les orchidées, les chrysanthèmes ou encore le bambou, autant de symboles de raffinement, d'élégance et de noblesse d'esprit.

À la seule vue des ornements, il était possible d'identifier le grade administratif de chaque mandarin. Photo : TPO.

Ba Lan possède également un chapeau ayant appartenu aux soldats de l'armée insurgée des Tây Sơn.

Contrairement aux coiffes destinées aux dignitaires, sa calotte métallique est dépourvue de créatures mythiques. Cette pièce exceptionnelle a déjà été proposée à 100 millions de dôngs.

Ba Lan possède également un chapeau ayant appartenu aux soldats de l'armée insurgée des Tây Sơn. Photo : TPO.

Selon l'artisan, ce chapeau remonte à plus de trois siècles, sous le règne de l'empereur Quang Trung, et aurait accompagné les troupes des Tay Son lors de leur fulgurante campagne militaire vers le Nord.

Contrairement aux coiffes destinées aux dignitaires, sa calotte métallique est dépourvue de créatures mythiques. Photo : TPO.

L'intérieur de chaque chapeau révèle un travail d'une extrême finesse, où chaque détail témoigne de la maîtrise et de la patience des artisans.

Un chapeau vieux de plus de 300 ans, dont la calotte en argent et en or est finement gravée. Ba Lan estime sa valeur à environ 170 millions de dôngs. Photo : TPO.
Un chapeau vieux de plus de 300 ans, dont la calotte en argent et en or est finement gravée. Ba Lan estime sa valeur à environ 170 millions de dôngs. Photo : TPO.

La calotte du chapeau est réalisée dans un ancien alliage métallique particulièrement précieux.

À 80 ans, Ba Lan continue de fabriquer avec passion des chapeaux coniques traditionnels sur commande. Certaines pièces exigent jusqu'à quarante jours de travail et peuvent atteindre une valeur d'environ 30 millions de dôngs.

La calotte du chapeau est réalisée dans un ancien alliage métallique particulièrement précieux. Photo : TPO.
La calotte du chapeau est réalisée dans un ancien alliage métallique particulièrement précieux. Photo : TPO.
Selon lui, la fabrication d'un « nón ngựa » est aussi complexe que la construction d'une maison. Photo : TPO.

L'un de ses chapeaux a été spécialement commandé par un restaurant de Quy Nhon. Il lui a fallu vingt jours pour achever cette création.

Par son engagement constant, l'artisan Ba Lan contribue à préserver et à faire vivre le savoir-faire ancestral du chapeau traditionnel de Phu Gia.

L'un de ses chapeaux a été spécialement commandé par un restaurant de Quy Nhon. Il lui a fallu vingt jours pour achever cette création. Photo : TPO.

Le 1ᵉʳ juin, le Comité populaire de la province de Gia Lai a officiellement reconnu le village de Phu Gia, situé dans la commune de Xuan An, comme village de métier traditionnel spécialisé dans la fabrication du « nón ngựa ».

Cette reconnaissance a été accordée conformément à la réglementation gouvernementale relative au développement des métiers ruraux ainsi qu'à l'article 8 de la Décision n° 32 du 14 octobre 2025 du Comité populaire provincial, qui fixe les modalités de gestion des villages de métier et les critères de reconnaissance des métiers traditionnels, des villages de métier et des villages de métier traditionnel dans la province de Gia Lai.

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