Du hip-hop «made in France» au Festival de Huê 2016

Nhân Dân en ligne - La chorégraphe française Anne Nguyên présentera sa sixième création, Autarcie..., lors du Festival de Huê 2016. L’artiste mettra en scène quatre danseuses, qui seront confrontées en défendant leurs spécialités: le b-boying et le popping. Un spectacle inspiré des «battles» qui régissent le hip-hop.

Le spectacle Autarcie... sera présenté au Festival de Huê 2016. Photo: CVN.
Le spectacle Autarcie... sera présenté au Festival de Huê 2016. Photo: CVN.

Le spectacle Autarcie… sera montré au public à 19h30 le 2 mai au Palais de l’Harmonie suprême dans la Cité impériale dans le cadre du Festival de Huê 2016.

C’est un jeu de stratégie où pendant 50 minutes, quatre danseuses aux espaces de danse et aux techniques très différentes se livrent à un rituel effréné. Le devant de la scène est le point de ralliement où ces quatre individualités fortes s’unissent pour construire, à l’adresse du public, une danse guerrière.

L’espace vide situé au delà de cette zone d’entente les attire, et chacune s’y propulse en quête de territoire, d’alliances et de hiérarchie. C’est le fonctionnement interne de cette «tribu» agitée, avec ses enjeux de pouvoir, qui se déploie sur scène au rythme pulsant ou débridé de percussions organiques. Anne Nguyên transforme le mouvement par les contraintes géométriques, la désynchronisation et un travail sur le contact. Dans son travail, le rapport à l’observateur et à l’autre est primordial, et détermine la mise en espace de la danse.

Anne Nguyên fonde la Compagnie par Terre en 2005. Danseuse spécialisée en break et familière du monde des «battles» (batailles en anglais), elle s'attache à exploiter l'excellence technique propre à chacune des spécialités de la danse hip-hop. À la base de chacun de ses spectacles se pose une réflexion sur la forme de la danse et sa destination. «J’ai créé la Compagnie par Terre pour défendre ma vision de la danse hip-hop au sein des arts chorégraphiques: celle d’une danse technique et performante mais très écrite, déstructurée et épurée, loin des clichés d’une danse hip-hop démonstrative et narrative», confie Anne Nguyên.

«La danse hip-hop parle profondément à chacun d’entre nous»

Influencée par un cursus scientifique, Anne déstructure les différentes gestuelles hip-hop et leur ouvre de nouveaux espaces d'écriture en leur imposant des contraintes géométriques. Elle développe la force centrifuge du break en motifs linéaires et crée des imbrications de jeux de jambes au sol à deux. Elle transpose les formes frontales du popping dans des référentiels où la danse s'écrit de profil, ou en couple.

Dans la continuité de sa pratique des arts martiaux, Anne s'intéresse particulièrement aux principes d'action-réaction et aux possibilités de contact entre danseurs hip-hop.

Pour elle, la mise en espace de la danse se détermine en fonction de la valeur donnée à l'observateur et au partenaire. Elle s'intéresse à l'essence du mouvement: sur scène, les danseurs, habités par des systèmes rythmiques qui leur sont propres, s'expriment au sein d'un ensemble de contraintes, dont la musique, souvent créée pour chaque spectacle, n'est qu'une des composantes. Ses chorégraphies, d'une architecture complexe et précise, se composent alternativement d'espaces maîtrisés incitant à l'interprétation personnelle, et d'espaces laissés au hasard ou à l'improvisation autorisant la prise de risque. «Pour moi, l’essence du hip-hop consiste en un désir de renouer avec l’instinct animal, en un besoin d’exubérance physique, en une envie de refléter les formes et les énergies qui nous entourent», exprime la chorégraphe. Et d’ajouter que par l’alliance de la liberté et de la technique, la danse hip-hop parle profondément à chacun d’entre nous.

Anne Nguyên est lauréate du Prix Nouveau Talent Chorégraphie SACD 2013, et a été nommée Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 2015. Elle est artiste associée au Théâtre national de Chaillot jusqu’en 2018.