Khanh Hoa érige Nui Chua en modèle d’écotourisme durable

Classée Réserve mondiale de biosphère par l’UNESCO, Nui Chua, au Centre-Sud du Vietnam, est devenue un laboratoire grandeur nature où conservation des écosystèmes, développement des communautés locales et écotourisme durable avancent de concert.

La Réserve mondiale de biosphère de Nui Chua abrite une faune exceptionnelle. Photo : VNA/CVN.
La Réserve mondiale de biosphère de Nui Chua abrite une faune exceptionnelle. Photo : VNA/CVN.

Reconnue par l’UNESCO en septembre 2021, la Réserve mondiale de biosphère de Nui Chua, dans la province de Khanh Hoà (Centre), constitue l’un des joyaux écologiques du Vietnam et un patrimoine naturel d’importance mondiale.

Centrée sur le Parc national de Nui Chua - Phuoc Binh, la réserve couvre plus de 106.646 ha. Elle se compose de trois espaces complémentaires: une zone centrale strictement protégée de plus de 15.750 ha, une zone tampon de plus de 48.760 ha, destinée à limiter les pressions humaines, et une zone de transition de plus de 42.000 ha, consacrée au développement économique durable et à la cohabitation harmonieuse entre l’homme et la nature.

Sur le plan climatique, Nui Chua présente une singularité exceptionnelle dans la péninsule indochinoise. Bénéficiant d’un fort ensoleillement et de très faibles précipitations, la région connaît les conditions les plus arides du Vietnam. Loin d’être un territoire désertique, cette aridité a pourtant favorisé l’apparition d’une mosaïque d’écosystèmes unique, souvent qualifiée de modèle “trois-en-un”, où se côtoient forêt tropicale sèche, écosystèmes marins côtiers et paysages semi-désertiques.

Cette configuration exceptionnelle lui vaut le surnom de “steppe épineuse du Vietnam”, en raison de sa végétation xérophile et de ses arbustes épineux que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le pays.

Malgré un environnement exigeant, la réserve abrite une biodiversité remarquable. Plus de 1.500 espèces de plantes vasculaires y ont été recensées, dont de nombreuses espèces médicinales ou particulièrement résistantes à la sécheresse.

La faune est tout aussi riche, avec au moins 766 espèces animales, comprenant mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens. Plus d’une cinquantaine d’entre elles figurent sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ainsi que dans le Livre rouge du Vietnam.

Le domaine marin, qui s’étend sur près de 40 km de côtes, comprend d’importants récifs coralliens, des herbiers marins et des mangroves. Les récifs de Nui Chua, qui abritent environ 350 espèces de coraux, figurent parmi les plus vastes et les mieux préservés du Vietnam.

Le littoral recèle également plusieurs plages sauvages, telles que Hang Rai, Binh Tiên, Nuoc Ngot, Bai Chuôi, Bai Thùng ou Bai Kênh. Nichées entre falaises et forêts côtières, elles offrent des paysages spectaculaires où se mêlent eaux turquoise, sable doré et végétation luxuriante.

Ces plages constituent également l’un des rares sites de ponte réguliers des tortues marines sur le littoral continental vietnamien. Chaque année, ces espèces menacées viennent y déposer leurs œufs sous la surveillance des gardes forestiers.

Pour les responsables du parc, l’inscription de Nui Chua au réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO récompense plusieurs décennies d’efforts en faveur de la conservation de la biodiversité, de la recherche scientifique et du développement durable.

Depuis cette reconnaissance internationale, la province de Khanh Hoà a renforcé sa politique de protection environnementale à travers des programmes de sensibilisation et de recherche scientifique.

L’humain au cœur du projet

Récif corallien fossile de Hang Rai, situé dans la Réserve mondiale de biosphère de Nui Chua.

Photo : VNA/CVN

Les autorités coopèrent avec plusieurs instituts de recherche vietnamiens et internationaux afin de mieux suivre l’évolution des écosystèmes, de protéger les plages de ponte des tortues marines et de poursuivre le programme de conservation du chevrotain à dos argenté, une espèce endémique longtemps considérée comme disparue.

Parallèlement, des opérations de reboisement et des projets de lutte contre l’érosion côtière contribuent aux objectifs nationaux de neutralité carbone, notamment dans le cadre du projet de “muraille verte” contre la désertification.

La réserve développe également son jardin botanique, ses pépinières, ses centres de sauvegarde de la faune marine et la cartographie numérique de sa biodiversité.

L’implication des communautés locales constitue toutefois l’un des piliers de cette stratégie. Historiquement peuplée par les ethnies Raglay, Cham et Hoa, la zone tampon vit traditionnellement de l’agriculture, de l’élevage, de la saliculture et de l’artisanat.

Afin de réduire la pression exercée sur la zone centrale protégée, la province développe activement l’écotourisme communautaire, le tourisme d’aventure et les séjours d’immersion culturelle. Les habitants deviennent guides, accueillent les visiteurs chez eux ou participent directement aux activités de protection de la nature, bénéficiant ainsi de nouvelles sources de revenus tout en valorisant leur patrimoine culturel. Cette stratégie porte déjà ses fruits, avec une nette diminution des infractions environnementales dans les espaces protégés.

Au premier semestre 2026, la Réserve mondiale de biosphère de Nui Chua a accueilli plus de 105.000 visiteurs, vietnamiens et étrangers. Au-delà des retombées économiques, cette fréquentation contribue également à renforcer la sensibilisation à la protection de l’environnement grâce à des actions participatives, telles que les campagnes de reboisement ou l’opération hebdomadaire “Vendredi vert”.

Malgré des ressources financières et techniques encore limitées, la province poursuit l’adaptation du zonage afin de mieux connecter les écosystèmes forestiers et marins et de renforcer leur résilience face au changement climatique.

Avec le soutien de l’UNESCO et des autorités nationales, Nui Chua s’affirme aujourd’hui comme un modèle de développement durable, démontrant qu’il est possible de faire de la préservation de la biodiversité un véritable moteur de développement socio-économique.

CVN/NDEL
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