Au milieu des pentes abruptes, des rochers calcaires acérés et de la végétation dense du point culminant 685, dans la commune de Thanh Thuy, province de Tuyen Quang, ancien champ de bataille de Vi Xuyen – Ha Tuyen, les forces de milice locales travaillent quotidiennement aux côtés des cadres et soldats de l’équipe chargée de rechercher et de rapatrier les restes des soldats tombés au combat du Commandement militaire de la province de Tuyen Quang.
Théâtre de combats acharnés pour défendre la frontière septentrionale du pays, le point culminant 685 était surnommé par les anciens combattants le « four à chaux du siècle ». Plus de 40 ans après, entre les grottes, les falaises et les épaisses couches de terre recouvrant la forêt, les recherches des soldats qui reposent encore dans cette région se poursuivent.
Nés et ayant grandi sur cette terre autrefois durement frappée par la guerre, les miliciens connaissent parfaitement les sentiers, les crevasses rocheuses et les grottes profondes. Cette connaissance du terrain, conjuguée à la jeunesse et à l’endurance des miliciens, apporte une contribution précieuse à la mission visant à ramener les soldats tombés au combat et toujours présents dans les montagnes frontalières.
Chaque journée de travail commence par des pentes escarpées. Depuis le point de rassemblement, les équipes transportent pioches, pelles, barres à mine, eau potable et autres équipements nécessaires, franchissant des passages pratiquement dépourvus de sentiers pour atteindre les zones de recherche.
Dans les passages particulièrement pentus, des cordes sont attachées aux troncs d’arbres pour servir de points d’appui. À certains endroits, les équipes de recherche assemblent elles-mêmes des troncs d’arbres pour aménager des marches et franchir les falaises.
Outre le matériel, chacun se relaie pour transporter de l’eau et les produits de première nécessité jusqu’au sommet. Les bidons d’eau deviennent de plus en plus lourds après des heures d’ascension, mais ils constituent une source de ravitaillement indispensable pour les équipes opérant au cœur de la forêt.
Le capitaine Nguyen Thanh Nam, assistant du Commandement militaire de la commune de Thanh Thuy, indique que, dans le cadre de la « Campagne des 500 jours et nuits », la localité a mobilisé, depuis juillet 2026, 30 miliciens ainsi qu’un assistant du Commandement militaire de la commune pour participer aux recherches et au rapatriement des restes des soldats tombés au combat.
Les 30 miliciens sont principalement originaires des deux villages de Nam Ngat et de Giang Nam, dans la commune de Thanh Thuy. La mobilisation d’habitants vivant directement dans la région constitue un atout majeur, car ils connaissent parfaitement le terrain, les routes, les sentiers et les zones montagneuses rocheuses difficiles d’accès.
Avant de prendre part à la mission, les miliciens ont reçu une formation sur les procédures de recherche, les méthodes de travail sur le terrain ainsi que les règles de sécurité.
Sur chaque site identifié, les miliciens travaillent avec les militaires pour débroussailler, ouvrir des passages, creuser couche après couche et inspecter chaque crevasse et chaque cavité rocheuse. Le travail exige une grande persévérance, car après plus de 40 ans, les traces de la guerre ont été recouvertes par la terre, les pierres et la végétation.
Les miliciens et les militaires déplacent des blocs de pierre pour inspecter la zone située en dessous. Photo : Tuấn Anh.
À certains endroits, de gros blocs de pierre doivent être retirés des fosses. Les couches de terre situées en dessous sont ensuite minutieusement inspectées, car le moindre indice peut constituer une piste utile aux recherches.
Dans les zones particulièrement rocailleuses, des barres à mine, des pioches et des pelles sont utilisées pour dégager méthodiquement de petites portions de terrain. Ce travail pénible se poursuit sans relâche sur des pentes escarpées, dans des espaces exigus et sous des conditions météorologiques changeantes propres aux régions montagneuses.
Parmi les miliciens participant aux recherches sur le point culminant 685 figure le jeune Ly Van Quyen, 19 ans, originaire du village de Nam Ngat, dans la commune de Thanh Thủy. Après avoir terminé ses études secondaires et alors qu’il travaillait dans une entreprise privée, Quyền a temporairement mis ses activités personnelles de côté pour participer à cette mission.
Travaillant directement aux côtés de cadres et de soldats expérimentés, Quyền considère cette mission à la fois comme une responsabilité et comme une source de fierté, car elle lui permet de contribuer à la recherche de ceux qui sont tombés au combat sur sa propre terre natale.
Sur les rochers escarpés, chaque coup de pioche et chaque geste pour fouiller une cavité rocheuse prolongent l’hommage rendu par la génération actuelle à celle de ses aînés, tombés pour défendre chaque parcelle de la frontière nationale.
Après plusieurs heures de travail, le déjeuner est pris au cœur même de la forêt. Sans tables ni chaises et sans abri, les membres des équipes s’assoient ensemble sur le versant, mangent rapidement avant de reprendre leur travail.
Le lieutenant-colonel Nguyen Huu Tiep, chef adjoint de l’équipe du Commandement militaire de la province de Tuyen Quang chargée de rechercher et de rapatrier les restes des soldats tombés au combat, indique qu’aux côtés des forces principales de l’équipe, les miliciens locaux participent activement et apportent un soutien efficace aux recherches menées sur les différents points culminants de la commune de Thanh Thuy.
De leur connaissance approfondie de chaque sentier et de chaque paroi rocheuse à leur endurance dans les fosses de recherche, les miliciens de Thanh Thuy travaillent aux côtés des militaires contre la montre, poursuivant inlassablement les recherches dans l’espoir de ramener au plus vite auprès de leur terre natale et de leurs familles d’autres soldats tombés au combat qui reposent encore au cœur des montagnes et forêts frontalières.