Pour les communautés Cham pratiquant à la fois le bani et l'islam, la fête Ramadan n'est pas seulement une cérémonie religieuse, mais aussi un temps de recueillement, un temps pour se recentrer sur la famille, les ancêtres et les valeurs transmises de génération en génération.
Chaque groupe Cham vit le Ramưwan de manière unique. Les Cham musulmans entament le mois de jeûne en s'abstenant de manger pendant la journée, en priant et en accomplissant de bonnes actions conformément aux préceptes de l'islam. Pour les Cham bani musulmans, le Ramưwan mêle éléments religieux et traditions profondément ancrées. Ce mélange crée une dimension culturelle unique, faisant du Ramưwan non seulement un rituel spirituel, mais aussi une occasion pour la communauté de se rassembler, de partager et de s'encourager mutuellement à vivre plus vertueusement.
Le début de la saison des festivités de Ramuwan est marqué par les préparatifs dans les villages Cham. L'essentiel des préparatifs est consacré aux répétitions des spectacles culturels et des danses de groupe, qui se déroulent généralement sur le terrain de football, au centre culturel ou sur une place publique au cœur du village.
L'atmosphère s'anime au son des tambours ginang et des cornes saranai, en harmonie avec les danses traditionnelles telles que la danse des éventails, la danse des paniers et les danses en cercle. De jeunes hommes et femmes, vêtus de costumes cham aux couleurs chatoyantes, participent aux répétitions et aux représentations, faisant revivre les valeurs culturelles, historiques et communautaires à travers chaque acte.
Outre les spectacles artistiques, la fête propose également des jeux folkloriques et des activités sociales comme le tir à la corde, la course en sac et un concours de cuisine… créant une ambiance joyeuse et favorisant les liens intergénérationnels. C'est aussi l'occasion pour les habitants du village et des environs de se retrouver, d'échanger et de partager un moment convivial après une longue année, renforçant ainsi les liens communautaires.
Dans chaque famille, la fumée du foyer embaume les feuilles de bananier, le riz gluant frais et les épices typiques. Les femmes Cham confectionnent habilement, de leurs mains délicates, le bánh tét (tapei anung), le bánh it (tapei dalik) et les gâteaux au gingembre (ginraong laya). Elles choisissent méticuleusement chaque feuille, nouent chaque ficelle, et tout en travaillant, elles transmettent à leurs enfants et petits-enfants la signification de la cérémonie et de la tradition.
La fierté de leur culture ethnique transparaît dans leurs yeux, et chacun de leurs gestes témoigne de diligence, de patience et de respect pour leurs ancêtres. Au cœur de la vie moderne, l'image des femmes Cham réunies pour préparer le ginraong laya et emballer le bánh tét est comme un lien vital qui préserve l'âme de chaque famille.
Cette année, le Ramưwan coïncide avec le Nouvel An lunaire du Cheval 2026. L'atmosphère des préparatifs est donc encore plus vibrante. La période de préparation du festival Ramuwan est l'occasion de renforcer les liens communautaires, d'initier les enfants aux traditions et d'affirmer l'identité culturelle cham dans la vie contemporaine.