L'Institut français du Vietnam vise à créer des échanges franco-vietnamiens durables

Éric Soulier, conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Vietnam et directeur de l’Institut français du Vietnam, revient sur les projets marquants menés ces dernières années et évoque les priorités qui guideront, cette année, le partenariat culturel entre nos deux pays.

Éric Soulier, conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Vietnam et directeur de l’Institut français du Vietnam. Photo : IFV.
Éric Soulier, conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Vietnam et directeur de l’Institut français du Vietnam. Photo : IFV.

Chaque 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie met à l’honneur la langue française et la diversité culturelle à travers le monde.

Au Vietnam, cet esprit de partage se traduit par une coopération culturelle et éducative particulièrement dynamique.

Éric Soulier, conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Vietnam et directeur de l’Institut français du Vietnam, revient sur les projets marquants menés ces dernières années et évoque les priorités qui guideront, cette année, le partenariat culturel entre nos deux pays.

Monsieur, au cours des cinq dernières années, l’Institut français du Vietnam a porté de nombreux projets d’envergure. Comment ces initiatives traduisent-elles une vision stratégique de la coopération culturelle entre la France et le Vietnam ?

Depuis cinq ans, nous utilisons la culture comme moteur pour rapprocher nos deux pays. Nous avons porté des projets importants, comme le spectacle Huê By Light qui a réuni, en 2023, 20.000 spectateurs autour d’un mapping vidéo monumental sur la citadelle de Hue.

Mais également avec des initiatives comme notre salon de la BD qui aura lieu en avril 2026 à Hô Chi Minh-Ville, qui mobilisera plus de 20 maisons d’édition à l’international.

Dans ces événements, nous aidons surtout les jeunes talents vietnamiens à se professionnaliser. Notre stratégie est de créer des échanges durables plutôt que de simples événements éphémères.

C’est en travaillant ensemble sur le long terme que nous construisons une relation de confiance entre la France et le Vietnam et la culture est au centre de cette relation.

Des événements majeurs comme Photo Hanoi ‘25 ou Huê by Light, que vous venez d’évoquer, ont marqué le paysage culturel vietnamien. Au-delà de leur succès public, en quoi ces projets contribuent-ils à renforcer le dialogue artistique et institutionnel entre nos deux pays ?

Des projets comme Photo Hanoi ‘25 ou Huê by Light ont été des moments particulièrement marquants.

Photo Hanoï a connu une affluence de plus de 200.000 visiteurs, qui ont surtout permis de renforcer les liens entre créateurs, commissaires d’exposition, artistes, orchestres et autorités culturelles des deux pays.

J’y vois une illustration concrète d’un dialogue artistique fondé sur la coproduction et la valorisation des talents vietnamiens.

Ces initiatives contribuent aussi à positionner le Vietnam comme un acteur culturel majeur dans la région.

Grâce à notre programme de résidence d’artiste Villa Saigon, cet échange se traduit également par la venue d’artistes français au Vietnam, pour apprendre les techniques du pays, comme la nacre, et s’imprégner de la vie locale pour nourrir leurs œuvres.

La coopération éducative constitue également un pilier essentiel de l’action de l’Institut français du Vietnam. À travers des initiatives comme le projet FEF «Vivre avec les fleuves», consacré à la formation d’experts et à la recherche autour des grands systèmes fluviaux vietnamiens, ainsi que les partenariats universitaires et les programmes de formation, comment l’Institut français du Vietnam contribue-t-il au développement des compétences et à la transmission des savoirs ?

L’éducation est, selon nous, le pilier de notre avenir commun: avec le projet FEF Fleuves, nous formons des experts vietnamiens aux enjeux environnementaux cruciaux pour le pays.

Nous plaçons également au cœur de notre mission le développement de la francophonie, nous encourageons les écoles à rejoindre le label FranceÉducation, qui distingue l’excellence de nos filières bilingues.

Mais il y a aussi par le Choix Goncourt du Vietnam, qui fait vivre la littérature au cœur des universités. Notre stratégie, c’est d’accompagner la jeunesse en lui donnant des outils concrets, de la science à la culture, pour développer ses compétences.

En investissant dans ces programmes, nous préparons une nouvelle génération capable de porter notre partenariat stratégique à l’avenir.

Depuis deux ans, nous menons également un important travail de structuration de la filière BD vietnamienne, auprès des auteurs et dessinateurs locaux; nous proposons des concours, des sessions de formation, ces activités sont un franc succès avec plus de 100 candidats à chaque fois.

Ces dispositifs offrent aux jeunes talents vietnamiens des opportunités d’apprentissage, de mise en réseau et d’ouverture à l’international. À long terme, ils contribuent à renforcer durablement les riches filières culturelles du pays.

En 2026, quelles sont les priorités de l’Institut français du Vietnam pour approfondir encore la coopération culturelle et éducative, et accompagner la transformation des industries culturelles et créatives au Vietnam ?

Nous souhaitons premièrement continuer les démarches déjà engagées auprès de nos partenaires notamment autour de la BD, des échanges universitaires et linguistiques.

Nous aurons la chance d’accueillir en avril la cheffe d’orchestre Zahia Ziouani, immense star en France qui a notamment clôturé les JO de Paris en 2024.

Elle propose deux dates: le 11 avril avec l’Orchestre symphonique du Vietnam (VNSO) à Hanoi et le 19 avril avec l’Orchestre symphonique de Hô Chi Minh-Ville (HBSO) à Hô Chi Minh-Ville en plus de master-classes, d’ateliers, et de rencontres avec le public… ça promet de très beaux moments.

Les priorités de l’Institut français du Vietnam en 2026 restent de proposer des événements culturels francophones et de soutenir le développement des Industries culturelles et créatives vietnamiennes et l’accompagnement des artistes locaux.

L’Institut français du Vietnam en bref

L’Institut français du Vietnam (IFV) est un service de l’Ambassade de France au Vietnam, placé sous la tutelle du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

En lien étroit avec le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade, il met en œuvre les projets de coopération bilatérale dans plusieurs domaines: culture, langue française, enseignement supérieur et recherche, mais aussi gouvernance, santé et partenariats avec les collectivités locales ou les ONG.

Sa mission: contribuer au rayonnement de la France au Vietnam tout en soutenant les initiatives vietnamiennes dans ces secteurs.

L’Institut français du Vietnam réunit une centaine de collaborateurs français et vietnamiens et dispose d’implantations à Hanoï, Hue, Da Nang et Hô Chi Minh-Ville.

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