Pour que chaque soldat tombé retrouve son nom et sa famille

La « Campagne des 500 jours et nuits visant à accélérer la recherche, le rapatriement et l’identification des restes des soldats tombés au combat » ravive l’espoir des familles qui, après plusieurs décennies d’attente, souhaitent enfin ramener leurs proches sur leur terre natale.

La guerre est terminée depuis longtemps, mais des milliers de soldats reposent encore sur les anciens champs de bataille. Certains ont été ensevelis à la hâte par leurs compagnons d’armes sous les bombardements. D’autres n’ont laissé qu’un nom dans la mémoire des survivants. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles ignorent donc où leurs proches ont été enterrés, tandis qu’un grand nombre de sépultures restent anonymes.

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Hoang Quang Tuan reste profondément marqué par le souvenir de ses compagnons d’armes tombés pour l’indépendance nationale. Photo : VNA

Chaque année, les témoins capables d’indiquer l’endroit où un soldat est tombé se font plus rares. Les forêts et les anciens sites de combat ont changé, tandis que les dossiers, les objets personnels et les cartes militaires risquent de disparaître.

Pour Hoang Quang Tuan, domicilié dans le quartier de Hai Ba Trung à Hanoï, la Campagne des 500 jours et nuits a ravivé la confiance et l’espoir des familles ainsi que des anciens combattants qui ont partagé les dangers du front avec les disparus.

Ancien fantassin, il a ensuite été affecté au régiment 28 des forces de défense antiaérienne et aérienne, devenu aujourd’hui la brigade 28. Ayant lui-même traversé les épreuves de la guerre et perdu un frère au combat, il comprend profondément la douleur et l’attente interminable des familles.

Ces dernières années, il a participé à plusieurs recherches visant à retrouver ses anciens compagnons d’armes afin de les ramener auprès de leur famille et sur leur terre natale.

« Pendant la guerre, ceux qui ont survécu ont eu de la chance. Nous devons d’autant plus rester reconnaissants envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour défendre l’indépendance nationale. C’est pourquoi la Campagne des 500 jours et nuits revêt aujourd’hui une importance plus grande que jamais », affirme Hoang Quang Tuan.

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Nguyen Viet Chuc devant le portrait de son frère, Nguyen Viet Thuc, tombé au combat. Photo : VOV

L’ADN, un nouvel espoir pour les familles

La famille de Nguyen Viet Chuc, qui réside rue Kim Ma Thuong à Hanoï, compte deux soldats tombés au combat dont les sépultures n’ont toujours pas été retrouvées. L’un d’eux est son frère aîné.

À chaque évocation de celui-ci, les souvenirs affluent et l’émotion le submerge. Nguyen Viet Thuc avait trois ans de plus que lui. Très proches depuis leur enfance, les deux frères partageaient leurs études et leur quotidien, le cadet prenant son aîné pour modèle.

Son frère a rejoint le front en 1968. Trois ans plus tard, répondant à l’appel de la Patrie, Nguyen Viet Chuc s’est à son tour engagé dans une unité de renfort de l’ancienne province de Ha Tay. Un an après seulement, il apprenait la mort de son frère. Malgré la douleur, il s’est efforcé de mener à bien toutes ses missions, comme pour poursuivre également le devoir de son frère cher.

Aujourd’hui septuagénaire, son plus grand regret reste de ne pas avoir pu ramener son frère auprès de leurs parents et sur leur terre natale. À plusieurs reprises, lui et sa famille sont retournés sur les anciens champs de bataille pour rechercher sa sépulture, sans toutefois obtenir d’informations concordantes.

« À Dong Xoai, où mon frère est tombé, une tombe porte le nom du camarade Thuc et indique qu’il est mort en 1973. Pourtant, l’avis de décès mentionne l’année 1971. Pour ma part, je pense qu’il a dû tomber vers le milieu ou la fin de 1972, car notre famille avait encore reçu une lettre de lui au début de cette année-là », raconte Nguyen Viet Chuc.

Le lancement de la Campagne des 500 jours et nuits, accompagné du prélèvement d’échantillons ADN sur les restes non identifiés et d’échantillons biologiques auprès des familles, représente donc à ses yeux une véritable lueur d’espoir.

Il espère que ces analyses permettront non seulement à sa famille, mais aussi à toutes celles qui sont toujours dans l’attente, de réaliser leur vœu le plus cher : retrouver leurs proches et les ramener chez eux.

Une course contre le temps

Déployée à l’échelle nationale, la Campagne des 500 jours et nuits mobilise les efforts conjugués du Parti, de la population, de l’armée et de l’ensemble du système politique.

Elle ne constitue pas seulement une vaste opération de recherche : elle est aussi une course contre le temps. Chaque renseignement fourni, aussi infime soit-il, peut aider à ramener un enfant de la Patrie auprès de sa famille et dans sa région d’origine. Chaque dépouille retrouvée et chaque identité établie représentent une promesse supplémentaire tenue par le pays.

Les 500 jours et nuits définissent toutefois la durée de cette campagne, et non la fin du devoir de reconnaissance. Des centaines de milliers de soldats restent encore portés disparus et autant de sépultures demeurent sans nom.

Les recherches, le rapatriement et l’identification des restes se poursuivront donc, afin que chaque personne ayant sacrifié sa vie pour la Patrie puisse retrouver sa place dans la mémoire nationale et revenir symboliquement dans les bras de sa famille.

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