L’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 1,23 % en mars par rapport au mois précédent. Cette évolution porte la hausse moyenne de l’IPC à 3,51 % sur les trois premiers mois de l’année, selon le rapport publié le 4 avril par l’Office national des statistiques.
L’accélération observée en mars s’explique principalement par la flambée des prix des carburants sur le marché intérieur, dans le sillage des cours mondiaux de l’énergie, ainsi que par le renchérissement des matériaux de construction, lié à la hausse des coûts de production et de transport.
En glissement annuel, l’IPC de mars a bondi de 4,65 %, soit la plus forte hausse enregistrée pour un mois de mars au cours des cinq dernières années. Sur les 11 groupes de biens et services principaux, neuf ont enregistré des hausses de prix.
Le secteur des transports arrive en tête, avec une augmentation marquée de 12,85 %, sous l’effet d’une envolée de 29,72 % du prix de l’essence et de 57,03 % du diesel. Cette situation, aggravée par les conflits au Moyen-Orient, a également entraîné une hausse des tarifs du transport aérien (+23,19 %) et ferroviaire (+14 %).
Le groupe logement, électricité et matériaux de construction a progressé de 0,77 %, porté notamment par la hausse du pétrole lampant (+62,3 %) et du gaz (+5,56 %), bien que la consommation d’électricité et d’eau ait légèrement reculé.
Les groupes "Médicaments et services de santé", "Boissons et tabac", "Équipements et ustensiles ménagers", "Information et communication", "Éducation" et les autres biens et services ont également enregistré de légères hausses, reflétant les pressions liées aux coûts de production, au taux de change et aux ajustements des prix des services publics.
À l’inverse, deux groupes ont vu leurs prix diminuer : la restauration (-0,59 %), en raison d’un recul de 1,41 % des prix alimentaires, et la culture, les loisirs et le tourisme (-0,05 %), du fait d’une baisse de la demande après le Nouvel An lunaire. Sur l’ensemble du trimestre, l’inflation sous-jacente s’est établie à 3,63 %, un niveau légèrement supérieur à celui de l’IPC global.
La directrice générale de l’Office national des statistiques, Nguyen Thi Huong, a souligné la nécessité de maintenir la stabilité macroéconomique, de garantir les principaux équilibres économiques, l'offre de biens et le contrôle des prix et des marchés.
Elle préconise une surveillance étroite des tensions au Moyen-Orient, de l’évolution des cours du pétrole et des taux de change, afin d’actualiser en temps opportun les scénarios de croissance et de contenir l’inflation.
Elle insiste également sur une gestion flexible des prix des carburants à l’aide d’outils fiscaux et de fonds de stabilisation, ainsi que sur un étalement des ajustements des tarifs de l’électricité et des services publics.