Hung Yen : développement de l’agriculture écologique, une tendance inévitable

Face aux évolutions du marché et aux défis posés par le changement climatique, la transition vers un modèle d’agriculture écologique devient une exigence et une tendance incontournable.

Les membres de la coopérative Lua dui Nam Cao, commune de Le Loi, procèdent au filage et au bobinage, l’une des étapes de la production artisanale de la soie brute de mûrier. Photo : Baohungyen.
Les membres de la coopérative Lua dui Nam Cao, commune de Le Loi, procèdent au filage et au bobinage, l’une des étapes de la production artisanale de la soie brute de mûrier. Photo : Baohungyen.

Récemment, la province de Hung Yen (au Nord-Est du Vietnam) a vu deux de ses produits récompensés par le prix Mai An Tiem, décerné par l’Alliance des coopératives du Vietnam : le melon cultivé par la coopérative de production et d’approvisionnement en fruits, légumes et plantes médicinales An Thinh Phat (commune de Tong Tran), ainsi que les parures de lit en soie brute Nam Cao de la coopérative Lua dui Nam Cao (commune de Le Loi).

Ces produits, porteurs de l’identité locale, répondent aux exigences de qualité et de sécurité, tout en construisant progressivement leur marque sur le marché. Cette reconnaissance ne salue pas seulement les efforts d’innovation et d’application des sciences et des technologies du secteur de l’économie collective, mais montre également que les produits agricoles locaux sortent peu à peu du modèle de production fragmentée pour s’orienter vers la standardisation, la valorisation de la marque et l’augmentation de la valeur ajoutée.

Selon Bui Duy Phuong, directeur de la coopérative An Thinh Phat, celle-ci a mis en place des serres de haute technologie pour produire des fruits et légumes sûrs, combinées à des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte automatisés, à l’utilisation d’engrais organiques et à la lutte biologique contre les ravageurs. L’ensemble forme une chaîne de production complète garantissant des produits propres et de haute qualité. Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus attentifs à l’origine et à la qualité des produits, cet avantage permet de se démarquer sur le marché.

Ces dernières années, la production agricole de la province a enregistré des avancées importantes, affirmant son rôle central dans le développement socio-économique local. Le secteur s’oriente fortement vers l’application des hautes technologies et la production de masse, contribuant à l’augmentation continue du revenu moyen des populations rurales. Toutefois, malgré ces résultats, certaines limites subsistent : morcellement des terres, faible productivité du travail et valeur ajoutée encore limitée ; faiblesse des liens entre les étapes de production, de conservation, de transformation et de distribution ; nombre encore restreint d’entreprises participant aux chaînes de valeur.

Pour lever ces obstacles, la province promeut un changement profond de mentalité, passant d’une agriculture purement productive à une économie agricole orientée vers les besoins du marché. Le modèle d’agriculture écologique se dessine progressivement à travers une restructuration globale du secteur. La production végétale ne se concentre plus uniquement sur les volumes, mais s’inscrit dans des chaînes de valeur multi-niveaux, avec une extension des surfaces agricoles vertes, biologiques, à faibles émissions et adaptées au changement climatique.

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Un modèle d’élevage combiné de perches des rizières et de grenouilles développé par Nguyen Bui Trieu, commune de Nam Tien Hung.Photo : Baohungyen.

La province maintiendra une superficie stable de 144 000 hectares de rizières par an jusqu’en 2030 afin de garantir la sécurité alimentaire, tout en développant la production de semences et de riz de haute qualité. Concernant les cultures fruitières, l’accent sera mis sur la stabilisation des zones de longanes de spécialité (5 800 hectares), l’extension de la culture du litchi « vai trung Hung Yen » (objectif de 600 hectares), ainsi que le développement de zones de production d’oranges, de pamplemousses et de bananes selon les normes VietGAP. Parallèlement, les cultures maraîchères de haute technologie seront renforcées dans les zones appropriées.

Dans le même temps, l’élevage et l’aquaculture connaissent également une transformation. L’élevage s’oriente vers la biosécurité, l’augmentation des races à haut rendement et la réduction des cycles d’élevage. Le secteur aquacole est restructuré en lien avec l’économie maritime, avec un développement harmonieux des trois milieux : eau salée, eau saumâtre et eau douce, privilégiant des espèces à forte valeur économique.

Pour concrétiser ces orientations, la priorité est donnée à la consolidation et à la concentration foncière afin de créer des conditions favorables à l’investissement des entreprises dans l’agriculture. Considérant les agriculteurs comme les acteurs centraux et les unités économiques clés, la restructuration du secteur vise à leur permettre d’organiser efficacement la production et d’améliorer leurs compétences.

Ainsi, la formation des ressources humaines est placée au premier plan. D’ici 2030, la province ambitionne que près de 70 % de la main-d’œuvre agricole soit formée, avec l’objectif de faire émerger une génération d’« agriculteurs professionnels », qualifiés, compétents et familiers avec l’agriculture intelligente et biologique, en phase avec les dynamiques du marché.

La résolution n° 13-NQ/TU du 1er avril 2026 du Comité exécutif du Parti de la province, relative à la restructuration, au développement et à l’amélioration de l’efficacité des secteurs agricole, aquacole et rural pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2045, fixe pour objectif d’ici 2030 de mettre en place une agriculture, une aquaculture et une économie rurale écologiques, propres, modernes, efficaces et durables. Elle vise également à accroître la valeur ajoutée, développer une production à grande échelle, renforcer la compétitivité et intégrer les chaînes de valeur sur la base de la science, de la technologie, de l’innovation et de la transformation numérique.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, le secteur agricole a conseillé à la province d’adopter plusieurs programmes et projets majeurs. Parallèlement, l’accent est mis sur la numérisation, la constitution et la normalisation des bases de données foncières agricoles, ainsi que sur la connexion et le partage des bases de données nationales et sectorielles, au service de la gestion publique comme des activités de production et d’affaires des citoyens et des entreprises.

Grâce à une direction déterminée et à des orientations stratégiques claires, la période à venir devrait marquer un tournant important, illustrant la transformation profonde de l’agriculture provinciale vers un modèle vert, écologique et durable, créateur de valeur accrue pour les agriculteurs et l’économie locale.

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