Le Vietnam et l’Association européenne de libre-échange (AELE) ont officiellement conclu, le 2 juillet, les négociations de leur accord de libre-échange. Les deux parties prévoient d’achever les procédures nécessaires en vue de signer cet accord au cours du quatrième trimestre 2026.
La conclusion des négociations met un terme à plus de quatorze années de discussions et ouvre une nouvelle phase de coopération économique entre le Vietnam et ce groupe d’économies développées d’Europe. Elle témoigne également de la volonté du Vietnam de poursuivre son intégration internationale approfondie.
Un nouvel élan pour l’intégration économique du Vietnam
L’accord de libre-échange entre le Vietnam et les États membres de l’AELE est l’un des accords dont les négociations ont été les plus longues pour le Vietnam. Celles-ci ont porté sur plusieurs domaines complexes, notamment le commerce des marchandises, les services, l’investissement, la propriété intellectuelle, les marchés publics, l’environnement, le développement durable ainsi que le soutien aux petites et moyennes entreprises.
Cet accord intervient dans un contexte mondial marqué par les tensions commerciales, les rivalités entre grandes économies, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les défis liés au changement climatique. Il confirme l’attachement des deux parties à un commerce international ouvert, transparent et fondé sur des règles, tout en insufflant une nouvelle dynamique au développement durable.
L’accord de libre-échange Vietnam-AELE devrait notamment approfondir l’intégration économique internationale du Vietnam et renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales.
Selon le vice-ministre vietnamien de l’Industrie et du Commerce, Nguyên Sinh Nhât Tân, cet accord repose sur une forte complémentarité entre les deux parties. L’AELE regroupe quatre États membres — la Norvège, la Suisse, l’Islande et le Liechtenstein — qui figurent parmi les économies les plus avancées au monde dans les domaines des technologies de pointe, de la finance, de l’innovation, des industries vertes et de la gouvernance moderne. De son côté, le Vietnam s’affirme comme une économie dynamique de l’Asie-Pacifique et une plateforme manufacturière majeure au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a souligné que le renforcement des relations avec des partenaires fiables devenait essentiel face aux incertitudes internationales. Il s’est félicité de l’aboutissement de cet accord ambitieux, qui améliorera l’accès aux marchés des biens et des services tout en renforçant la coopération dans les domaines du développement durable et de la propriété intellectuelle. La complémentarité des deux économies permettra à chacune de valoriser ses atouts. Les entreprises vietnamiennes pourront accéder à des marchés à fort pouvoir d’achat, tandis que les entreprises de l’AELE pourront investir au Vietnam en tirant parti de sa position stratégique et de son réseau de 17 accords de libre-échange déjà conclus.
Selon le ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce, les échanges commerciaux entre le Vietnam et l’AELE ont atteint 4,8 milliards d’euros en 2025. L’excédent commercial du Vietnam s’est élevé à 2,5 milliards d’euros. Le Vietnam exporte principalement vers ce marché des équipements électriques, des chaussures, des vêtements et des produits mécaniques.
Bien que l’AELE ne compte qu’environ 15 millions d’habitants, ce marché se distingue par son pouvoir d’achat élevé et ses exigences particulièrement strictes. L’intérêt de l’accord réside avant tout dans la qualité de ce marché ainsi que dans les perspectives de coopération qu’il offre. Plusieurs secteurs clés de l’économie vietnamienne, notamment l’agriculture, l’aquaculture, le textile-habillement, le cuir-chaussure, le bois, l’électronique et l’industrie de transformation, devraient bénéficier de nouveaux débouchés à mesure que les réductions tarifaires entreront progressivement en vigueur. La conformité aux normes élevées de l’AELE devrait également inciter les entreprises vietnamiennes à améliorer la qualité de leurs produits et leur compétitivité.
En outre, l’accord devrait stimuler les investissements étrangers de haute qualité au Vietnam. Les entreprises de l’AELE disposent d’une solide expertise dans les domaines de la recherche, des technologies de pointe, des énergies renouvelables, des industries vertes, de l’économie circulaire, de la santé, de l’industrie pharmaceutique, de la finance et de la transformation numérique, autant de secteurs considérés comme prioritaires par le Vietnam.
Se préparer à tirer pleinement parti de l’accord
Toutefois, ces opportunités s’accompagnent d’exigences importantes. Les marchés de l’AELE appliquent des normes strictes en matière de qualité des produits, de sécurité alimentaire, de protection de l’environnement, de conditions de travail, de traçabilité et de développement durable.
Les entreprises vietnamiennes devront donc moderniser leurs technologies, améliorer leurs procédés de production, renforcer leurs capacités de gestion et mettre en place des systèmes de contrôle conformes aux normes internationales afin de tirer pleinement parti des avantages tarifaires prévus par l’accord.
Le ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce estime que la conclusion des négociations ne constitue qu’une première étape. Dans les prochains mois, il poursuivra sa coordination avec les ministères concernés, les autorités locales et les pays membres de l’AELE afin d’achever l’examen juridique du texte et de préparer sa signature officielle au quatrième trimestre 2026.
Parallèlement, des programmes d’information et de formation seront organisés afin de présenter aux entreprises les engagements prévus par l’accord, les règles d’origine, les normes techniques, les exigences environnementales ainsi que les mesures de défense commerciale. Les actions de promotion commerciale, de mise en relation d’entreprises et d’intégration dans les chaînes d’approvisionnement avec les partenaires de l’AELE seront également renforcées afin de permettre aux entreprises vietnamiennes de tirer pleinement parti des opportunités offertes par cet accord.