Dans ce contexte, où de nombreux marchés internationaux ont promulgué des réglementations sur la légalité des produits agricoles, y compris les produits forestiers, les entreprises doivent renforcer la gestion d’une série d’exigences liées aux normes de production verte et durable. Cela leur permettra de réduire les risques commerciaux tout en améliorant la compétitivité de leurs produits.
En 2025, les États-Unis prévoient de mettre en place des politiques de protection économique strictes.
Actuellement, le Vietnam est devenu le 8ᵉ plus grand partenaire commercial et le 4ᵉ plus grand marché d’exportation des États-Unis au sein de l’ASEAN.
Les États-Unis sont également le 2ᵉ plus grand partenaire commercial et le premier marché d’exportation du Vietnam. Rien que pour les articles en bois et les produits dérivés du bois, le Vietnam a exporté plus de 50 % de son chiffre d’affaires total vers ce marché.
Par conséquent, ces changements poseront de grands défis, obligeant le secteur du bois vietnamien à faire face à une concurrence directe avec les produits américains et ceux d’autres pays.
Parallèlement, les risques commerciaux et l’application de taxes punitives pourraient être renforcés si les produits ne respectent pas strictement les exigences en matière de certificat d’origine.
L'Union européenne (UE), un grand marché qui maintient toujours une croissance à deux chiffres dans le secteur du bois, met également en place de nombreuses politiques commerciales défavorables aux entreprises exportatrices.
L'un des grands changements de politique est le Règlement sur la lutte contre la déforestation (EUDR), dont l'entrée en vigueur a été prolongée et qui sera appliqué à la fin de l'année 2025.
À une échelle plus large, la possibilité d'une « guerre commerciale » mondiale, si elle se produit, pourrait perturber les chaînes d'approvisionnement et réduire les marchés d'exportation.
Il devient donc crucial pour les entreprises exportatrices de produits forestiers de mettre en place des solutions réactives et opportunes afin de ne pas être prises au dépourvu, d'éviter toute passivité et de ne pas manquer les opportunités.
L'Association vietnamienne du bois et des produits forestiers (VIFOREST) estime que le secteur du bois sera confronté à un mélange d'opportunités et de défis face aux évolutions des marchés d'exportation.
Le report de l'application de l'EUDR par l'UE (jusqu'au 30 décembre 2025 pour les grandes entreprises et au 30 juin 2026 pour les petites et moyennes entreprises) offre aux entreprises vietnamiennes un délai supplémentaire pour se préparer.
Ceci constitue un avantage considérable, en particulier dans un contexte marqué par de nombreuses difficultés.
Par ailleurs, les évolutions des politiques américaines et la tendance à la consommation verte dans les grands marchés offrent également des opportunités aux entreprises exportatrices de produits forestiers qui peuvent répondre à la demande croissante en matériaux de construction et en mobilier durables.
Les opportunités issues du déplacement de la production et du commerce mondial, ainsi que les investissements dans la transformation numérique, la gestion de la chaîne d'approvisionnement et le développement durable, permettront non seulement aux entreprises de s'adapter aux évolutions du marché, mais aussi d'accéder à de nouveaux marchés prometteurs dans un avenir proche.
En 2004, le chiffre d’affaires des exportations agricoles, forestières et aquatiques devrait atteindre un niveau record de 62,4 milliards de dollars, en hausse de 18,5 % par rapport à 2023.
Chaque année, le Vietnam exploite environ 22 à 23 millions de m³ de bois provenant de forêts plantées, et plus de 500 000 hectares de forêts ont déjà obtenu une certification de gestion durable.
Le secteur forestier vise à atteindre un million d’hectares de forêts certifiées d’ici 2030.
Le directeur général du Département de la Sylviculture et de la Protection des Forêts relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, Trân Quang Bao, a déclaré que, parallèlement à la construction de zones de transformation à haute technologie, à l'expansion des parts de marché à l'exportation et à la promotion active du commerce, le secteur du bois et des produits forestiers doit accorder une plus grande attention et investir davantage dans les zones de production de matières premières.
Concrètement, il est nécessaire d’étendre les surfaces de forêts plantées à bois de grande taille, d’assurer une gestion durable des forêts et d’obtenir des certifications telles que FSC ou PEFC.
Actuellement, le Département de la Sylviculture et de la Protection des Forêts collabore avec diverses entités pour expérimenter l’attribution de codes d’identification aux zones de forêts plantées dans certaines provinces du nord du pays, avec pour objectif une extension à l’échelle nationale.
Ces codes constituent une base pour le développement d’une chaîne d’approvisionnement en bois légal, garantissant la traçabilité des produits forestiers en conformité avec les exigences internationales. Ils permettront également de développer des méthodes de mesure, de report et d’évaluation pour déterminer la capacité des forêts plantées à absorber et stocker le carbone.
Selon le vice-président et secrétaire général de VIFOREST, Ngô Sy Hoài, la compétitivité est un facteur essentiel pour la survie des entreprises. En matière de gouvernance, les politiques visant à renforcer la certification des forêts durables sont intensifiées afin d’assurer la transparence des chaînes d’approvisionnement. Le gouvernement collabore avec des organisations internationales pour mettre en place des technologies modernes de traçabilité, permettant une surveillance complète de l’exploitation, du transport et de la commercialisation du bois.
Les efforts des entreprises, des organismes de réglementation et du gouvernement ne contribuent pas seulement à accroître la valeur des produits forestiers exportés, mais aussi à renforcer leur compétitivité sur le marché international. Les entreprises de production et de transformation du bois doivent répondre aux exigences des marchés d'importation, notamment en garantissant l’origine légale des matières premières, en proposant des produits attractifs et en maintenant des prix compétitifs.
Il est essentiel d’investir dans la transformation numérique et de mettre en place un système de traçabilité transparent afin de se conformer aux réglementations internationales.
Par ailleurs, une coopération étroite entre les entreprises, les associations professionnelles et les autorités publiques est nécessaire pour élaborer des stratégies adaptées face aux politiques protectionnistes des pays importateurs. Il est particulièrement important de garantir la certification de l'origine des produits, un outil clé pour lutter contre la fraude commerciale.
Les entreprises doivent être prêtes à faire face aux enquêtes antidumping et aux mesures de défense commerciale en renforçant leurs capacités juridiques et en améliorant leur gestion des risques. En parallèle, elles doivent développer un système de gouvernance moderne, promouvoir une production respectueuse de l’environnement et se conformer aux normes internationales en matière de durabilité afin d’accroître leur compétitivité sur le marché mondial.