Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan du Comité populaire de la commune de Pung Luong visant, en 2026, à préserver et à valoriser les patrimoines culturels traditionnels des communautés ethniques minoritaires tout en favorisant le développement du tourisme local.
La formation réunit des artisans et détenteurs de savoir-faire liés au patrimoine culturel immatériel, des maîtres directement chargés de la transmission, ainsi que 15 jeunes participants sélectionnés pour leur engagement et leur passion pour la culture de leur communauté au sein du village de Lang Sang.
Lors de l’ouverture de la formation, Tran Trung Kien, chef du Bureau de la Culture et des Affaires sociales de la commune de Pung Luong, a indiqué que le programme s’étendrait sur 60 séances, dont 20 consacrées à la fabrication du khèn des H’Mông et 40 à l’apprentissage des techniques de souffle et d’interprétation de cet instrument traditionnel.
Selon M. Kien, la préservation et la valorisation de l’art du khèn des H’Mông dans la vie culturelle et spirituelle de l’ethnie H’Mông de Pung Luong revêtent une importance particulière.
Il ne s’agit pas seulement de préserver et de mettre en valeur le patrimoine culturel de la communauté, mais aussi de jeter les bases d’un développement durable du tourisme communautaire.
« L’organisation de cette formation ne consiste pas simplement à apprendre à fabriquer un instrument de musique. Plus profondément, elle vise à permettre aux jeunes générations de mieux connaître leurs origines, à raviver leur fierté à l’égard de leur héritage culturel, à transformer le patrimoine en véritable ressource de développement et à créer des produits touristiques singuliers à partir de valeurs culturelles aujourd’hui menacées de disparition », a souligné M. Kien.
Lors de la formation, Sung A Say, chef du village de Lang Sang, a exprimé sa profonde gratitude au comité du Parti et aux autorités de la commune pour avoir porté une telle initiative jusque dans le village.
Selon lui, depuis des générations, le son et les mélodies du khèn sont devenus l’âme même de la communauté H’Mông et l’une de ses expressions culturelles les plus emblématiques.
Le khèn n’est pas seulement un instrument de musique, c’est un compagnon intime, profondément enraciné dans la vie spirituelle, les activités productives et les fêtes du village.
Il exprime ce que les mots ne sauraient dire ; tantôt grave et solennel, tantôt vibrant et mélodieux, son souffle traduit la résilience et l’aspiration ardente à la vie des communautés H’Mông des hautes terres.
Au nom des 15 participants, le jeune Ho A Vang a confié : « Depuis mon enfance, je suis fasciné par le son du khèn à chaque retour du Têt traditionnel et du printemps. Mais je n’avais jamais eu l’occasion d’apprendre de manière structurée à tenir le khèn, à en jouer et à danser au son du khèn. Cette formation nous offre la possibilité de préserver notre culture traditionnelle et de faire en sorte que le son du khèn ne tombe pas dans l’oubli. »
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, l’artisan Vang A Chua a commencé la première séance de transmission, devant des participants enthousiastes, attentifs et profondément investis dans leur apprentissage.
Cet atelier de transmission des savoir-faire liés à la fabrication et à l’interprétation du khèn des H’Mông constitue une initiative concrète qui contribue à former une nouvelle génération de jeunes dépositaires de ce patrimoine au sein de la communauté.
Il permettra ainsi au son du khèn de continuer à résonner, pour longtemps encore, au cœur des montagnes de Pung Luong.