L’IA, un « partenaire stratégique » du développement durable

L’intelligence artificielle (IA) est désormais considérée comme un outil de premier plan, voire comme un véritable « partenaire stratégique », permettant aux entreprises de concrétiser leurs objectifs de développement durable.

La technologie au service d’une croissance durable

À l’heure où l’économie mondiale est profondément transformée par le changement climatique, la transition écologique et l’évolution des comportements de consommation, les critères ESG (Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) s’imposent comme l’un des piliers majeurs des stratégies de développement des entreprises.

Au-delà des exigences croissantes des autorités réglementaires, les entreprises doivent répondre aux attentes de plus en plus élevées de leurs clients, partenaires et investisseurs en matière de responsabilité sociétale et environnementale.

À l’échelle mondiale, les réglementations et normes liées à l’ESG se multiplient à un rythme soutenu. Selon plusieurs organismes de recherche internationaux, le nombre de politiques et de réglementations relatives à la lutte contre le changement climatique et au développement durable a fortement augmenté au cours des deux dernières décennies.

L’Union européenne a notamment adopté la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité des entreprises (CSRD), qui impose à plus de 10 300 entreprises dans le monde de rendre compte de manière transparente de leurs impacts ESG sur l’ensemble de leur chaîne de valeur et de leur chaîne d’approvisionnement.

Selon le Dr Lê Duy Binh, directeur d’Economica Vietnam, alors que le Vietnam vise une croissance du PIB à deux chiffres, la qualité de cette croissance et sa durabilité deviennent des enjeux centraux.
Selon le Dr Lê Duy Binh, directeur d’Economica Vietnam, alors que le Vietnam vise une croissance du PIB à deux chiffres, la qualité de cette croissance et sa durabilité deviennent des enjeux centraux.

La mise en œuvre de ces nouvelles exigences contribue non seulement à renforcer la transparence et la responsabilité des entreprises, mais ouvre également de nouvelles perspectives pour accroître leur compétitivité, consolider leur image de marque et renforcer leur intégration aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

Selon le Dr Lê Duy Binh, directeur d’Economica Vietnam, alors que le Vietnam vise une croissance du PIB à deux chiffres, la qualité de cette croissance et sa durabilité deviennent des enjeux centraux.

Il estime que les critères ESG ne constituent plus un simple référentiel volontaire, mais deviennent progressivement un véritable « passeport » permettant aux entreprises de s’intégrer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les mécanismes tels que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, les réglementations contre la déforestation, les exigences relatives au travail ou encore à la traçabilité des produits créent de nouvelles barrières techniques pour les exportateurs.

Parallèlement, la consommation responsable progresse rapidement. Selon les données citées par le Dr Lê Duy Binh, près de 84 % des consommateurs vietnamiens se déclarent prêts à payer davantage pour des produits écologiques et assortis d’engagements ESG clairs.

« Cette tendance exercera une pression croissante sur les entreprises, les incitant à transformer leurs modèles de production et à renforcer leurs responsabilités environnementales et sociales », souligne-t-il.

Sur le plan macroéconomique, l’ESG constitue également un levier essentiel pour attirer des investissements de qualité, développer les financements verts et renforcer l’attractivité de l’économie vietnamienne auprès des groupes multinationaux.

Les critères ESG ne constituent plus un simple référentiel volontaire, mais deviennent progressivement un véritable « passeport » permettant aux entreprises de s’intégrer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les critères ESG ne constituent plus un simple référentiel volontaire, mais deviennent progressivement un véritable « passeport » permettant aux entreprises de s’intégrer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’IA, nouveau moteur de croissance

Selon les experts, l’un des principaux défis de l’ESG réside dans la mesure, le suivi et la démonstration des résultats obtenus. Les investisseurs ne se contentent plus de promesses : ils exigent des données fiables, transparentes et vérifiables.

Lors du séminaire intitulé « Mettre en œuvre l’ESG grâce à l’IA : que doivent faire les entreprises ? », Mme Trân Phuong Nga, directrice générale du groupe Thiên Long, a indiqué que l’intelligence artificielle est désormais utilisée dans de nombreux domaines afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la mise en œuvre des critères ESG.

Selon elle, l’IA permet d’automatiser les tâches répétitives, de réduire les délais de traitement et d’optimiser l’utilisation des ressources humaines, tout en améliorant la satisfaction des employés.

« L’intégration de l’IA dans les démarches ESG permet de réduire les coûts et d’accroître l’efficacité », a-t-elle souligné.

Dans de nombreuses entreprises, l’IA contribue déjà à automatiser la collecte de données, surveiller la consommation énergétique, gérer les émissions, analyser le comportement des consommateurs, anticiper les risques et améliorer la gouvernance d’entreprise.

Grâce à ces outils, les engagements ESG ne se limitent plus à des déclarations qualitatives : ils peuvent désormais être quantifiés à travers des indicateurs précis et suivis en temps réel.

Pour le professeur et docteur Mac Quoc Anh, cette évolution joue un rôle essentiel dans l’amélioration de la transparence des entreprises et le renforcement de leur crédibilité auprès des partenaires et investisseurs.

M. Le Hung Cuong, directeur général de FPT Digital, estime que l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui le principal moteur de la croissance et du développement durable.
M. Le Hung Cuong, directeur général de FPT Digital, estime que l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui le principal moteur de la croissance et du développement durable.

Du point de vue technologique, M. Le Hung Cuong, directeur général de FPT Digital, estime que l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui le principal moteur de la croissance et du développement durable.

Selon lui, la réalisation d’objectifs de croissance ambitieux se heurte à la limitation des ressources disponibles, qu’il s’agisse du capital humain, des moyens financiers ou d’autres facteurs de production.

Dans ce contexte, la science, la technologie, l’innovation et surtout l’IA offrent la possibilité de réaliser des gains de productivité considérables.

« Plusieurs études montrent qu’un dollar investi efficacement dans l’IA peut générer une valeur largement supérieure au coût initial », affirme-t-il.

Aujourd’hui, environ 78 % des entreprises dans le monde utilisent déjà l’IA dans au moins une activité. Le marché mondial de l’intelligence artificielle devrait contribuer à hauteur de près de 20 000 milliards de dollars à l’économie mondiale dans les prochaines années.

Cependant, M. Lê Hung Cuong souligne que l’écart reste important entre l’adoption de l’IA et son exploitation efficace. Bien que de nombreuses entreprises aient investi dans cette technologie, seuls environ 5 % d’entre elles parviennent à générer un impact réellement significatif.

Cette situation s’explique par le fait que l’IA est souvent abordée comme un outil isolé plutôt que comme un élément intégré à l’ensemble de la chaîne de valeur, des processus de production et des mécanismes de gouvernance.

« L’IA n’est plus une technologie expérimentale ; elle devient un outil fondamental de transformation des entreprises », estime-t-il.

D’après lui, pour exploiter pleinement le potentiel de l’intelligence artificielle, les entreprises doivent d’abord réussir leur transformation numérique et bâtir une véritable stratégie de gestion des données.

Les données constituent en effet le « carburant » indispensable permettant à l’IA d’apprendre, d’analyser et d’aider à la prise de décision.

Les promoteurs développent des usines standardisées conformes aux critères ESG et prêtes à l’automatisation.
Les promoteurs développent des usines standardisées conformes aux critères ESG et prêtes à l’automatisation.

Une technologie indissociable de la responsabilité

L’essor rapide de l’intelligence artificielle soulève également de nouvelles questions éthiques et de gouvernance.

Mme Trân Thi Thuy Ngoc, directrice générale adjointe de Deloitte Vietnam, estime que les entreprises doivent mettre en place des mécanismes de contrôle garantissant la transparence, l’exactitude et l’objectivité des informations produites par l’IA.

Les utilisateurs doivent être en mesure de vérifier les données, d’identifier les biais algorithmiques et d’éviter une dépendance excessive aux résultats générés automatiquement.

Selon les experts, cette exigence reflète précisément l’esprit même de l’ESG à l’ère numérique : le progrès technologique doit s’accompagner de responsabilité sociale et de gouvernance transparente.

Utilisée de manière appropriée, l’IA permet non seulement de réduire les coûts, d’accroître la productivité ou d’optimiser les opérations. Elle crée également les conditions nécessaires à l’émergence de modèles de croissance plus verts, plus inclusifs et plus durables.

Dans la trajectoire de développement du Vietnam, l’intelligence artificielle dépasse progressivement son rôle d’outil d’assistance pour devenir un véritable partenaire stratégique de l’ESG, contribuant à façonner une nouvelle génération d’entreprises à la fois compétitives à l’échelle mondiale et responsables vis-à-vis de l’avenir.

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